45ᵉ session du Comité africain d’experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant : 93 cas de violations des Droits de l’enfant traités au Cameroun depuis la dernière session, 08 Déclarations, 86 visuels diffusés à l’occasion des Journées africaines et universelles des Droits de l’homme et des peuples, en lien avec les Droits de l’enfant

C’est ce qui ressort de la Déclaration de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (Cdhc) à l’occasion de la session ordinaire du Comité africain d’experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant (CoAEDBEe) qui se tient depuis le 26 novembre jusqu’au 5 décembre 2025 à Maseru-Royaume du Lesotho.
Dans sa Déclaration, le Président de la Cdhc, Pr. James Mouangue Kobila entame son discours par ces mots : « Lorsqu’un enfant est protégé, c’est toute l’Afrique qui respire. Lorsqu’un enfant est menacé, c’est toute notre conscience qui vacille. La Commission des Droits de l’Homme du Cameroun est honorée de s’adresser à vous à l’occasion de cette 45ᵉ session du Comité africain d’experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant ».
Au menu
Une session marquée par trois moments essentiels : le Symposium célébrant les 35 ans de la Charte ; le Forum des États parties consacré au rapportage et un Atelier technique dédié à la mise en œuvre des décisions du Comité. C’est avec un intérêt particulier que la Commission suivra les débats portant sur : le rôle crucial des parlementaires ; la participation des enfants à la gouvernance locale et les stratégies nécessaires pour accompagner les enfants ayant des déficiences intellectuelles.
Bilan
Au niveau national, la Commission salue les efforts constants du Gouvernement et de ses partenaires : l’inauguration du Centre des Droits de l’enfant de Bertoua, l’atelier de consolidation et de validation du Guide national de lutte contre les mariages d’enfants et les réunions régulières des mécanismes dédiés au travail des enfants et à la protection des mineurs. La Cdhc met également en lumière ses propres actions : huit Déclarations et 86 visuels diffusés depuis la dernière session, à l’occasion des Journées africaines et universelles des Droits de l’homme et des peuples, en lien avec les Droits de l’enfant. Elle rappelle, avec satisfaction, sa mission éducative et juridique à la Prison centrale de Bertoua, qui a permis la libération du jeune Souleymane Adamou, détenu au-delà de sa peine.
La Commission souligne qu’elle a traité 93 cas de violations des Droits de l’enfant pendant l’intersession, notamment le meurtre atroce du jeune Mathis, pour lequel elle a exigé une justice rapide et respectueuse des Droits. Sur le plan universel, la Cdhc dit avoir apporté sa contribution aux travaux du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme sur les mariages d’enfants et la vente ou l’exploitation sexuelle d’enfants.
Défis

Malgré ces efforts, les défis restent considérables : « le manque de lisibilité des budgets ; la prise en compte insuffisante des besoins des enfants dans les politiques publiques ; les faibles capacités des collectivités territoriales ; le déficit de données fiables ; la coordination multisectorielle limitée et le retard dans l’adoption du projet de Code des personnes et de la famille ainsi que du projet de Code de protection de l’enfant qui fragilise le fondement juridique des politiques publiques en faveur des enfants ».
La Commission alerte également sur : les difficultés à satisfaire les besoins essentiels des enfants ; le travail des enfants qui touche 43,7 % des 5 à 14 ans et les risques liés aux technologies avancées.
Doléances
Elle invite par conséquent le Comité à encourager les États à : placer les Droits de l’enfant au cœur des politiques publiques ; renforcer l’implication communautaire et à assurer un suivi rigoureux des dispositifs de protection. « La Cdhc réaffirme son engagement résolu à jouer pleinement son rôle de première INDH affiliée au Comité et à tirer vers le haut l’ensemble des institutions africaines pour faire progresser tous les Droits – pour tous les enfants – partout en Afrique. Sous ce prisme, la Présidence du RINADH qu’elle assumera à partir février 2026 et pour deux ans, sera substantiellement consacrée à cette noble mission. Protéger un enfant, c’est garantir l’avenir. Ne protégeons pas demain : protégeons maintenant ».


















