Sensibiliser les jeunes sur la peine de mort afin de stimuler en eux l’engagement abolitionniste : tel est l’un des objectifs d’un atelier de deux jours organisé à Yaoundé

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Les 29 et 30 janvier 2026, une vingtaine de jeunes issus des 10 régions du Cameroun ont répondu à l’appel de l’association Droits et Paix, ECPM (Ensemble Contre la Peine de Mort) en partenariat avec le Réseau des avocats camerounais contre la peine de mort ( RACOPEM ). C’était pour un atelier de formation de ces jeunes sur le plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort au Cameroun.

Munis de tous les outils appropriés pour une formation de qualité, ces jeunes ont pris des notes, participé aux activités pour briser la glace, aux discussions de groupes (par langue et situation par rapport à la peine de mort), au jeux de rôle (en plusieurs groupes, par langue et situation de la peine de mort).

Avec un contenu de formation construite sur la base d’une consultation préalable des participantes et participants, afin de correspondre au mieux à leurs attentes, il a été au préalable question de : projeter un film d’ECPM sur la lutte contre la peine de mort, présenter les objectifs de la rencontre ainsi que les résultats attendus, le pourquoi du combat contre la peine de mort.

À ce propos, Maître Toko Nestor de l’Association Droits et Paix fait savoir : « La peine de mort est appliquée au Cameroun depuis l’entrée en vigueur du code pénal en 1967. Depuis 1997, l’Etat du Cameroun observe un moratoire de fait sur les exécutions. Cependant, le Cameroun s’est toujours refusé d’abolir la peine de mort. Malgré les critiques de la société civile camerounaise, le gouvernement a réitéré sa volonté de maintenir cette peine par la promulgation en décembre 2014 de la loi antiterroriste et en juillet 2016 du Code pénal. L’association Droits et Paix qui a fait de l’abolition de la peine de mort son cheval de bataille est préoccupée par le non implication des jeunes dans le processus de l’abolition au Cameroun. Cette situation peut s’expliquer par quelques raisons : la plupart des jeunes qui ne fréquentent pas les tribunaux et ceux qui n’ont jamais assisté à une exécution publique ne trouvent aucun intérêt à aborder le sujet de la peine de mort. Ce sujet ne figure d’ailleurs pas dans l’agenda des organisations des jeunes ; le fait que le débat sur la peine de mort regroupe essentiellement les élites a également éloigné les jeunes de cette thématique qui est pourtant d’actualité au Cameroun. »

Il poursuit : « En effet, l’actualité de la peine de mort au Cameroun, met en lumière l’impérieuse nécessité de faciliter les voix des jeunes dans le combat abolitionniste et ce d’autant plus que : les jeunes sont particulièrement touchés par la peine de mort ; Les condamnations à la peine de mort, que ce soit dans le cadre de la répression du terrorisme ou de la crise anglophone au Cameroun touchent particulièrement les jeunes dont l’âge oscille entre 18 et 35 ans. Il est nécessaire d’assurer la relève en préparant la nouvelle génération au combat abolitionniste ; Convaincu que la lutte contre la peine de mort est un long processus et que parmi les jeunes camerounais actuels se trouvent de futurs leaders d’opinion et les décideurs politiques, il est opportun de préparer une nouvelle génération d’abolitionnistes qui assurera la relève. D’où la présente formation qui a pour but de créer une synergie et une mobilisation des jeunes de la société civile camerounaise dans leur effort de plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort ».

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À l’issue de cette riche formation de deux jours, il est attendu de la cible, sa sensibilisation et sa motivation à s’impliquer dans le processus de l’abolition au Cameroun ; Au moins 80% des jeunes sensibilisés, s’engagent à poursuivre le combat abolitionniste dans le cadre du Réseau éducation des jeunes à l’abolition de la peine de mort au Cameroun. Enfin, que les capacités en technique de plaidoyer sur l’abolition de la peine de mort d’au moins 80% des jeunes ayant pris part à la formation, soient renforcées.

Émotion

Voilà qui a réjoui les participants qui, dans l’ensemble, remercient les organisateurs. « C’est une première fois pour moi de prendre part à une activité sur la thématique de la peine de mort. J’ai pu comprendre les motifs pour lesquels nous ne devons pas promouvoir la violence », témoigne un jeune.

Son voisin affirme : « j’ai constaté que la principale force des organisateurs repose sur leurs capacités à pouvoir mobiliser des organisations plurielles en termes de savoir-faire et de champs de compétence. Droits et Paix et ECPM ont utilisé cette diversité pour partager les bonnes pratiques et les compétences à nous autres. Cette formation a suivi une méthodologie à la fois inclusive, interactive et participative. »

Plus loin, un participant se dit heureux d’avoir eu connaissance des exemples concrets de types d’activités de plaidoyer, et surtout comment effectuer une recherche de financement efficace.

C’est par ce riche partage et réactions que la rencontre a été close.

Florida Nana

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