Droits de l’homme en contexte électoral : des agents de forces de l’ordre et des Osc s’en imprègnent au Sud-ouest du Cameroun

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C’est à la faveur des ateliers de formation initiés par le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, en partenariat avec la Commission des Droits de l’homme du Cameroun. Du 26 au 29 août 2025 à Buea, les participants en sortiront avec la tête pleine de connaissances.

Le contexte socio-politique des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest nous impose une responsabilité accrue. Depuis huit longues années, ces deux Régions font face à des défis sécuritaires majeurs. Ce climat invite à une approche respectueuse des Droits humains, même dans les situations les plus délicates. C’est pourquoi, selon Dr Galega Gana Raphaël, le Vice-président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (Cdhc) présent à Buea, ces formations tombent à point nommé. Concernant d’abord les agents des forces de maintien de l’ordre, ladite formation, poursuit le représentant de la Cdhc « répond à un double impératif : professionnaliser davantage nos Forces de maintien de l’ordre en renforçant leur culture du respect des Droits humains. Elle vise par la même occasion à vous rappeler que le respect des Droits de l’homme ne s’oppose pas à l’efficacité opérationnelle. Au contraire, elle en est une condition essentielle. Cette formation s’inscrit dans une perspective de montée en compétence, mais aussi de renforcement de la confiance entre les citoyens et les corps de sécurité. Cette confiance naît du professionnalisme, de l’impartialité et du respect des règles, à la fois réel et perçu. Cette formation vise à vous outiller juridiquement, stratégiquement et humainement pour faire face, avec discernement et responsabilité, dans le respect des Droits fondamentaux, même sous pression, aux défis de terrain : application du régime des manifestations, gestion des foules, prévention des violences, intervention proportionnée en cas de trouble à l’ordre public, etc ».

C’est dire que l’atelier qui se déroule au Mountain hôtel de Bureau va contribuer à renforcer les capacités des acteurs de première ligne que sont les forces de maintien de l’ordre dans la préservation de l’ordre dans l’Etat souverain, dans le strict respect des principes démocratiques et de l’État de droit. En d’autres termes, il s’agit de s’assurer que chaque action menée sur le terrain, chaque décision prise dans l’urgence, soit guidée par les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et du respect de la dignité humaine. La force ne doit jamais être un réflexe, mais une ultime réponse, encadrée, mesurée et justifiée. « Il n’y a pas de démocratie crédible sans sécurité responsable. Il n’y a pas de paix durable sans justice. Il n’y a pas d’ordre légitime sans Droits respectés », soutient Dr Galega Gana.

Durant ces jours, les hommes en tenue et même les Organisations de la société civile (Osc) seront appelés à revisiter les normes nationales et internationales qui encadrent leurs interventions chacun dans son domaine respectif, à réfléchir sur la gestion des foules, sur la liberté d’expression, sur le traitement des citoyens avec respect et sans discrimination, quelles que soient leur appartenance politique, leur ethnie ou leur opinion, à élaborer collectivement un guide pratique d’observation électorale basé sur les droits humains, à maîtriser les droits civils et politiques des électeurs et le rôle des Osc dans la promotion de ces droits.

Construction d’une société plus juste

« Je vous exhorte donc à tirer le meilleur de cette formation. Écoutez, échangez, posez des questions, partagez vos expériences de terrain. Que ce soit dans les quartiers urbains de Bamenda, de Buea ou dans les localités les plus enclavées, vos actions ont un impact direct sur la perception que les populations ont des institutions. En ce sens, vous êtes non seulement des agents de sécurité au sens le plus noble de ce terme, mais aussi des ambassadeurs de l’État de droit, des garants de la confiance citoyenne, des vecteurs de paix et de dignes représentants de la démocratie camerounaise. Assurer le caractère pacifique, inclusif, transparent et équitable du processus électoral relève d’une responsabilité collective, engageant l’ensemble des acteurs de la société. C’est pourquoi les organisations de la société civile bénéficieront également d’un module de formation dédié aux Droits civils et politiques, ainsi qu’au rôle essentiel qui leur revient dans la promotion, la défense et la mise en œuvre effective de ces Droits, du 28 au 29 août 2025 à Buea. Leur implication active constitue un maillon indispensable dans le renforcement de l’Etat de droit et dans la construction d’une société plus juste, plus équitable et respectueuse des libertés fondamentales », recommande le vice-président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun.

Au regard des modules abordées, c’est donc une formation riche, utile et porteuse de transformations positives dans les pratiques quotidiennes des cibles de la formation.

Linda Mbiapa Mbenda 

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