
Organisation pour le développement social et la participation citoyenne, l’Ong Un Monde Avenir a mobilisé ce mardi 10 février 2026 des jeunes venus des 10 régions du Cameroun à la faveur de la 8ème édition du Forum National Jeune et Citoyen. Le thème est : Jeunes et gouvernance politique à l’ère du numérique ».
Un forum qui a lieu à la veille de la 60ème fête nationale de la jeunesse. Vêtus des T-shirts à fortes couleurs bleu, vert, rouge, jaune, les leaders associatifs, les étudiants, les leaders politiques, les responsables municipaux jeunes, les professionnels de médias et bien d’autres, ont fait carton plein dans l’une des salles de conférences de l’Hôtel Vallée des Princes à Douala pour cette activité capitale.
Munis des documents pour prendre des notes, la cible et les panélistes ont parlé des sujets suivants : « Gouvernance politique et innovation numérique : quelles opportunités pour le leadership politique des jeunes ? »; « Du citoyen connecté au citoyen acteur : le numérique comme levier de participation politique des jeunes »; « Numérique comme moteur d’engagement politique des jeunes : partage d’expérience d’une action concrète ». 

En outre, il leur a été remis des documents bien élaborés par les organisateurs et pour leur éducation. Et qui portent la désinformation et l’atteinte à la sincérité du débat public, la désinformation numérique : un défi juridique pour la gouvernance politique au Cameroun, la cybercriminalité : une menace pour la sécurité juridique et institutionnelle de l’État, la Loi numéro 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code pénal.

Sans oublier qu’avant tout ceci, au début des travaux, les participants ont vécu et acclamé un cas pratique avec au devant de la scène (un président du tribunal, un greffier, le ministère public – Procureur, l’avocat de la défense, un prévenu). Des rôles joués par des jeunes dames et hommes avec comme thème la cybercriminalité et cyber sécurité. « Ce cas pratique visait à amener le public à comprendre la qualification juridique des faits, identifier les infractions liées à la cybercriminalité et la diffusion de fausses informations, analyser les droits fondamentaux face à la répression numérique, maîtriser la procédure judiciaire applicable aux infractions numériques, promouvoir une justice éducative et citoyenne du numérique.
Le prévenu dans ce cas pratique était devant la barre pour avoir partagé sur la toile une information affirmant que certaines autorités publiques auraient détourné des fonds destinés à un programme national pour la jeunesse. L’information largement relayée provoque colère et manifestations puis troubles à l’ordre public. Après enquête, l’information était fausse. C’est un exercice que nous avons beaucoup apprécié et une originalité par rapport aux autres éditions. Merci à Un Monde Avenir », se réjouit Aïssatou, leader associatif.
Contexte

Le Cameroun connaît depuis une dizaine d’années une croissance rapide de l’usage du numérique, portée principalement par la jeunesse. Avec une population majoritairement jeune et de plus en plus connectée, le numérique s’impose aujourd’hui comme un espace stratégique de participation citoyenne, d’expression politique et de mobilisation sociale. Le taux de pénétration d’Internet au Cameroun est estimé aujourd’hui à près de 44%. En 2018, ce taux était de 11%.

L’essor des téléphones intelligents, la généralisation progressive de l’Internet mobile et l’usage massif des réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, X, TikTok, YouTube) ont transformé la manière dont les jeunes s’informent, débattent et interagissent avec les institutions publiques. Ces plateformes sont devenues des lieux de débat public, de plaidoyer, de veille citoyenne et parfois de contestation politique. Parallèlement, l’État camerounais a engagé plusieurs initiatives visant la modernisation de la gouvernance par le numérique : digitalisation de certains services publics, plateformes d’information institutionnelle. Ces efforts traduisent une reconnaissance croissante du numérique comme levier de développement et de gouvernance.

L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 a une fois de plus montré l’impact du numérique sur l’espace public. Entre publication des interdictions de manifestations, des restrictions de l’espace civique, des publications des résultats par bureau de vote et publication des contestations et autres… cela a également permis de comprendre que le numérique n’est plus seulement un outil de communication. Il est devenu un espace de citoyenneté, où les jeunes peuvent s’informer sur les politiques publiques, s’exprimer librement et contribuer aux débats qui concernent l’avenir des communes et du pays.
C’est dans ce contexte que l’ONG Un Monde Avenir Organise la 8ème édition du Forum National Jeune et citoyen sur le thème : Jeune et gouvernance politique à l’ère du numérique. La problématique étant de comprendre comment les jeunes peuvent saisir l’opportunité d’accès au numérique pour influencer la gouvernance politique et accéder au pouvoir.
Évaluation des recommandations du dernier Forum 2025

A ce jour, 07 éditions du Forum national Jeune et Citoyen ont déjà été organisées. La 7ème visait le renforcement de l’engagement des jeunes pour une prise de position véritable sur la gestion des affaires publiques. C’est le lieu d’indiquer qu’au niveau de certaines recommandations faites à l’issue du Forum Jeune et Citoyen 2025, relativement au suivi à ce jour, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées. Exemples : la recommandation concernant la nomination d’un jeune à la tête du Minjec, la refondation des politiques publiques en direction de la jeunesse (éducation et formation professionnelle), le renforcement de l’autonomisation du Conseil national de la jeunesse du Cameroun (CNJC), l’accélération de la décentralisation en donnant les pleins pouvoirs aux collectivités territoriales décentralisées. Sur les axes d’engagement des jeunes, il y a des points positifs lorsqu’on évalue : inscriptions massives sur les listes électorales, participation massive des jeunes au scrutin, implication active des jeunes dans l’observation de l’élection présidentielle, mobilisation des jeunes pour la protection et la défense des suffrages.
Vision

Cette 8ème Edition est consacrée au renforcement de la participation civique des jeunes à la gouvernance publique à l’ère du numérique, en mettant en lumière les opportunités offertes par les outils numériques, tout en analysant les défis qu’ils posent, afin de favoriser un engagement citoyen plus effectif, inclusif et responsable des jeunes dans les processus de décision politique. En ouvrant les travaux, Yvan Abena Afanda, représentant du Gouverneur de la région du Littoral déclare : « au nom du Gouverneur, l’honneur m’échoit de prendre la parole. J’exprime ma gratitude à l’endroit des participants et mes vives félicitations aux organisateurs de ce forum. La composante jeunes se présente comme l’un des maillons essentiels des politiques de développement. Ce maillon ne doit pas faire du numérique un terrain fertile pour des comportements violents et irresponsables. Les jeunes doivent être actifs et non passifs, plus responsables et exemplaires ».
La rencontre a aussi pour but d’analyser comment l’innovation numérique transforme les pratiques de gouvernance et ouvre de nouvelles opportunités d’engagement et d’influence politique pour les jeunes. Elle met en lumière le rôle des outils numériques dans la construction d’un leadership politique jeune, plus participatif, inclusif et connecté aux citoyens.
À ce propos, Christophe Didier Etia Ebele, délégué départemental du Ministère de la jeunesse et de l’éducation civique (Minjec) pour le Wouri souligne : « j’attire l’attention des jeunes sur l’importance des réseaux jeunes dans la vie de la Nation. Dans la région du Littoral, nous avons environ 63% de jeunes. Le thème de ces travaux vaut son pesant d’or avec tout ce qu’il y a comme dérives. Il faut inverser la donne en mettant l’accent sur la responsabilité des jeunes. Soyons des jeunes actifs sur la toile, mais faisons-le en toute responsabilité ».
Autres réactions

Aïcha Makouet, représentante de l’Organisation non gouvernementale Un Monde Avenir: « Le FORUM NATIONAL JEUNE ET CITOYEN constitue un cadre d’échanges et de discussions réunissant les jeunes issus des associations et partis politiques, qui visent à susciter l’engagement chez les jeunes et surtout leur participation active dans l’espace socio politique. Cette activité est expérimentée depuis le projet PEJED et participation politique des jeunes phases 1 et 2. Pour la 8ème édition, le thème est : “ Jeunes et gouvernance politique à l’ère du numérique ”. L’activité permet de sensibiliser les décideurs publics aux nouvelles formes d’engagement politique des jeunes portées par le numérique (réseaux sociaux, mobilisation en ligne, plaidoyer digital, veille citoyenne). Aussi, la rencontre vise à encourager l’intégration effective des outils numériques dans les mécanismes de gouvernance participative et de consultation citoyenne. Il est question de renforcer la conscience citoyenne des jeunes sur leur rôle et leur responsabilité dans la gouvernance politique à l’ère du numérique. Il permet de valoriser le numérique comme levier d’engagement politique ».

Honorable Moutassi Ebongue Paul Alain, Député suppléant, représentant du Maire de Douala 3e : « le numérique fait partie des citoyens. Les jeunes doivent connaître leurs droits, s’approcher des communes, participer aux conseils municipaux. À la Mairie de Douala 3e, nous travaillons, depuis une dizaine d’années avec l’Ong Un Monde Avenir et nous demandons aux jeunes de se rapprocher de la mairie pour être au parfum de tout ce qui est fait pour susciter en eux l’engagement dans la vie de la Nation »
Hiram Samuel Iyodi : (Homme politique) candidat à la dernière élection présidentielle: « nous recommandons aux jeunes de s’inscrire sur les listes électorales, s’engager dans les formations politiques, la bonne charité commençant par soi-même, nous invitons les jeunes à nous rejoindre au Mouvement Patriotique pour la Prospérité du Peuple (MP3), intéressez-vous à la chose politique. Soyez beaucoup plus à l’écoute de ce que les acteurs politiques font ».
Ernest Yene, Animateur socio-éducatif: « dans notre exposé, il est question de montrer qu’on peut passer du citoyen connecté au citoyen acteur car, au Cameroun on a une jeunesse connectée mais avec un potentiel inexploité ». Et donc, réitère Remy Tassing, expert en sécurité numérique ayant intervenu en visio: « il faut passer à l’action. Il faut s’engager. Le meilleur moyen de protéger notre avenir c’est de s’engager ».

Après la phase des questions – réponses, il y a eu partage des expériences des jeunes dynamiques et braves qui se démarquent par leurs engagements aux côté de la jeunesse. L’intervention de l’Honorable Moutassi Ebongue Paul Alain a servi d’exemple aux jeunes. Il demande à la cible de s’approprier de la gouvernance politique. Ce qui lui a valu des acclamations.
Linda Mbiapa



















