Renforcer le financement national de la lutte contre le VIH/SIDA pour réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds : c’est l’une des recommandations de la Cdhc au Gouvernement camerounais

Lundi 1er décembre 2025 a marqué la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA. Avec comme thème : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA ». Une Déclaration d’une dizaine de pages a été publiée par la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (Cdhc).
Outre la recommandation faite par l’Indh au Gouvernement du Cameroun, il est suggéré au Parlement de voter une allocation budgétaire stable pour la prise en charge du VIH dans la loi de finances, eu égard à la crise de financement des programmes de lutte contre le SIDA.
Des recommandations qui découlent de plusieurs constats et préoccupations de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun. Cette dernière observe que la lutte contre le SIDA continue de faire face à la persistance des préjugés sociaux, au déficit d’information correcte, à la vulnérabilité accrue des groupes les plus exposés (femmes, jeunes, personnes privées de liberté, travailleurs du sexe, etc.), ainsi qu’aux disparités territoriales dans l’accès aux traitements antirétroviraux, auxquels s’ajoutent les défis liés à la durabilité financière des programmes de santé et à la transparence des systèmes de prise en charge.
La Commission est profondément préoccupée par le fait que certaines personnes vivant avec le VIH au Cameroun ne suivent pas régulièrement leur traitement en raison, entre autres, de la stigmatisation ou du manque de soutien dont elles sont victimes ; cette situation met non seulement leur propre santé en danger en augmentant le risque de progression de la maladie, mais elle expose également d’autres personnes au risque de transmission, compromettant ainsi les efforts nationaux visant à maîtriser la pandémie et à atteindre l’objectif d’élimination de cette maladie d’ici à 2030.
La Commission est profondément préoccupée par la situation des prestataires de soins de santé dans les zones affectées par l’insécurité, en particulier les infirmiers et médecins qui sont souvent victimes d’agressions sur leur lieu de travail, d’enlèvements suivis de libération, le cas échéant, contre le paiement d’une rançon.
Contexte

Dans sa Déclaration, la Cdhc rappelle que c’est le 8 avril 1988 que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement annoncé la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA le 1er décembre de la même année, une décision qui sera ultérieurement entérinée par l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) dans sa Résolution A/43/15 du 26 octobre 1988, instituant ainsi ce rendez-vous annuel. Il est écrit que la Commission souligne que la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA en 2025 constitue une occasion importante de mettre en lumière l’impact des réductions de financements internationaux sur la riposte mondiale au SIDA, ainsi que de valoriser la résilience des États et des communautés qui se mobilisent pour préserver les acquis et poursuivre les efforts en matière de lutte contre le VIH.
Par ailleurs, l’Institution accueille favorablement le thème retenu par l’OMS cette année, à savoir Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA, un thème qui souligne la nécessité d’adapter la riposte au VIH aux perturbations mondiales en promouvant l’innovation, l’inclusion et une action fondée sur les Droits humains, afin de préserver les acquis et de maintenir le cap vers l’élimination du SIDA d’ici à 2030.
Les Bons points

La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à intensifier la lutte contre le SIDA, notamment à travers la 23e édition de la campagne Vacances sans SIDA sous le thème Zéro nouvelle infection à VIH chez les jeunes. C’est notre défi pour 2030, une campagne qui a mobilisé 670 jeunes pairs éducateurs qui ont sensibilisé plus de 4,8 millions de jeunes dans les 10 Régions du pays, au moyen de causeries éducatives, d’interventions médiatiques, de campagnes intensives sur les réseaux sociaux, de la mobilisation communautaire et d’autres actions de proximité.
Elle salue le lancement, le 19 juin 2025 dans le District de santé de Batouri (Région de l’Est), par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (acronyme en anglais : UNICEF), en collaboration avec le Gouvernement du Cameroun et la Banque islamique de développement (BID), de l’initiative multisectorielle « PETVISIDAME » en matière de santé maternelle et infantile et de lutte contre le VIH ; elle constitue une innovation majeure dans les modèles de prestation de services destinés aux populations vulnérables vivant dans des zones difficiles d’accès, en améliorant l’accès aux services essentiels liés au VIH et à la santé maternelle et infantile.
Source: Celcom CDHC


















