
« Déclaration publique du REDHAC à la 87e Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP)
Excellence Monsieur le Président,
Honorables Commissaires,
Le REDHAC salue votre leadership dans votre mission de protection et promotion des Droits de l’Homme en Afrique, dans ce monde de plus en plus violent. Le REDHAC félicite les commissaires réélus et leur souhaite plein succès dans leur mission.
Excellence Monsieur le Président, le REDHAC note avec satisfaction les avancées pour la protection légale des défenseurs notamment l’adoption des lois de protection des défenseurs en République Démocratique du Congo, au Gabon, en RCA même si nous restons en attente de leur pleine mise en œuvre.
Excellence Monsieur le Président,
Le REDHAC attire votre attention sur : la restriction continue de l’espace civique, les violations graves des droits humains commises dans le contexte des conflits armés et les crises post électorales en Afrique Centrale ; La surveillance en ligne et hors ligne, arrestations et détentions arbitraires, restrictions des libertés fondamentales, campagnes de diffamation en ligne et hors ligne, poursuites et harcèlement judiciaires abusifs, criminalisation du travail des organisations de la société civile, les violences sexuelles, sexistes, ciblant spécifiquement les femmes défenseures, la stigmatisation accrue des organisations qui travaillent pour les droits des minorités sexuelles, la volonté manifeste des changements anticonstitutionnels par les états, les conditions de détention en Afrique centrale.
Ainsi:

En RDC, la persistance des violences dans l’Est expose les défenseur·e·s aux enlèvements, aux assassinats et déplacements forcés. Les jeunes filles et les femmes défenseures paient le lourd tribut. On regrette aussi malheureusement de nombreuses arrestations et détention arbitraire, le départ massif en exil des défenseurs et leurs proches.
Au Cameroun, la crise post-électorale d’octobre 2025, au moins 2000 arrestations et détention arbitraires parmi lesquels les mineurs, les dizaines de morts, la destruction des biens privés et publics. Les conditions de détention reste un défi majeur surtout pour les prisonniers politiques et ceux de la crise anglophones : ainsi, M. Anicet Ekane, leader d’un parti politique d’opposition arrêté lors des élections présidentielles de 2025 et M.Patrick Ndango, un ‘’séparatistes’’ arrêté dans le cadre de la
crise anglophone sont morts en détention dans les conditions inhumaines et dégradantes.
Au Tchad, la recrudescence des conflits intercommunautaires ont fait des
centaine de morts: En avril 2026, 8 leaders d’opposition regroupés dans
le groupe de concertation des acteurs politiques viennent d’être condamnés à 8 ans de prison ferme juste pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et d’opinion, M. Succès Masra qui a écopé de 20 ans de prison ferme reste toujours en détention malgré son état de santé
préoccupant. L’association kodomma international été suspendue, d’autres dissoutes telles que l’Association des Jeunes pour la paix et le développement, Wakit Tammah et Mouvement du Tchad.
Au Gabon, nous restons vigilants sur la situation actuelle des journalistes
et homme politique privés de libertés Harold Thibaut Leckat Igasela,
Roland Olouba Oyabi, Claude Bilie-bi-Nze, des syndicalistes Marcel
Libama et Simon Ndong Edzo et de l’activiste Bob Mengome.
En RCA, en Guinée équatoriale et au Congo, plusieurs organisations et
activistes font encore face à des obstacles administratifs.
Excellence Monsieur le président,
Nos préoccupations constituent des violations des obligations des États
parties au regard de la Charte africaine et de la CADEG. C’est pourquoi, le REDHAC appelle respectueusement la Commission africaine à :
1. Renforcer le suivi de la situation des défenseur·e·s des droits humains en Afrique centrale ;
2. Encourager les états de privilégier le dialogue inclusif, la prévention des conflits et la justice transitionnelle dans les pays affectés par des crises et conflits multiformes ;
3. Exhorter les États de l’Afrique Centrale ci-dessus à :
– Cesser les arrestations et détentions arbitraires, le harcèlement judiciaire, les représailles et intimidations à l’encontre des défenseur·e·s, les journalistes et les militants de la démocratie;
– adopter et mettre en œuvre des lois nationales de protection légale des défenseur·e·s conformément aux standards régionaux et internationaux ;
– Renforcer les mécanismes de protection spécifiques pour les femmes défenseures des droits humains et les défenseurs des
minorités sexuelles;
– Diligenter systématiquement les enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations commises contre les défenseurs et condamner les coupables en assurant une réparation matérielle, financière, psychologique, pour lutter efficacement contre l’impunité ;
– de libérer les prisonniers d’opinion et ceux issus des crises post-électorales au Cameroun, au Tchad, y compris les prisonniers de la crise dans les régions anglophones du Nord- Ouest et Sud-Ouest au Cameroun,
– respecter les dispositions de la CADEG
Le REDHAC réaffirme son engagement à collaborer avec la Commission africaine, les mécanismes spéciaux, les États et les partenaires au développement pour la protection et la promotion des droits humains sans discrimination, la protection légale des défenseurs, la consolidation de la paix, la justice sociale et l’État de droit en Afrique centrale.
Je vous remercie de votre aimable attention »



















