De la vulnérabilité au leadership : Comment les femmes de Mbonjo réinventent la paix au Cameroun (1ère partie)

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Le projet mené à Mbonjo visait à transformer la vulnérabilité des femmes rurales et déplacées internes en un moteur de stabilité sociale. À travers la vulgarisation de la Résolution 1325 et la formation de médiatrices communautaires, l’initiative a permis de réduire les tensions liées à l’accès aux ressources et d’institutionnaliser la participation féminine.

Les résultats soulignent une amélioration notable de la cohésion sociale et de la reconnaissance du leadership féminin par les autorités locales. Cette expérience démontre que l’inclusion des femmes dans les processus de paix n’est pas seulement une question de droit, mais une condition d’efficacité durable. Elle propose un modèle reproductible de médiation de proximité pour les zones accueillant des populations déplacées.

Contexte général

L’instabilité qui frappe le Cameroun depuis 2017 trouve sa genèse dans ce qu’il est convenu d’appeler la « Crise Anglophone ». Initialement portée par des revendications corporatistes d’avocats et d’enseignants, cette crise a rapidement muté en un conflit armé opposant les forces de défense nationales à des groupes séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO). Comme le souligne Konings (2019) , ce conflit a provoqué une rupture profonde du contrat social, entraînant une insécurité chronique qui a forcé des centaines de milliers de citoyens à l’exode interne vers des zones plus stables du Littoral et de l’Ouest.

Dans cette dynamique de crise, les femmes occupent une place singulière et souvent paradoxale. Elles sont, d’une part, les premières victimes de la déstructuration sociale. Nchi (2020) démontre que dans les conflits armés au Cameroun, le corps des femmes devient souvent un champ de bataille symbolique, où les violences basées sur le genre (VBG) sont utilisées comme outils d’intimidation ou résultent de la précarité extrême. Privées de leurs terres et de leurs réseaux de soutien traditionnels, les femmes déplacées arrivent dans les localités d’accueil, telles que Mbonjo, dans un état de vulnérabilité multidimensionnelle, mêlant traumatismes psychologiques et exclusion économique.

Toutefois, l’état des lieux des femmes dans les conflits ne saurait se limiter à leur statut de victimes passives. Selon la théorie du « continuum de la paix » développée par Enloe (2014) , les femmes possèdent une résilience et une expertise de survie qui sont cruciales pour la reconstruction des tissus sociaux déchirés. Malgré ce potentiel, elles restent largement marginalisées des instances de décision formelles et de la gouvernance locale au Cameroun. À Mbonjo, l’arrivée massive de Personnes Déplacées Internes (PDI) a exacerbé la pression sur les ressources de subsistance et les services sociaux de base. Cette compétition pour l’accès à la terre et à l’eau a fait germer un climat de méfiance, où la « déplacée » est parfois perçue comme une menace pour l’équilibre socio-économique de la communauté hôte.

C’est précisément dans ce creuset de fragilités sociales qu’est intervenu le projet « Renforcer le rôle des femmes rurales et déplacées internes dans la consolidation de la paix », mis en œuvre par l’organisation Growing Together (2025). Cette initiative a bénéficié de l’appui technique du Consortium Femmes, Paix et Sécurité en Afrique Centrale et a été réalisée sous financement de l’Agence Française de Développement (AFD). En s’appuyant sur les piliers de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ce programme a postulé que la stabilité durable de Mbonjo ne pouvait être restaurée qu’en transformant ces femmes qu’elles soient résidentes ou déplacées en actrices centrales de la médiation. Le projet a ainsi dépassé le cadre de la simple assistance humanitaire pour légitimer le leadership féminin comme un outil stratégique de désamorçage des conflits de voisinage et un levier essentiel de reconstruction de la cohésion nationale.

IDÉES GÉNÉRALES

1. La double vulnérabilité comme point de départ de l’exclusion : L’article démontre que les femmes déplacées internes (PDI) ne subissent pas seulement les traumatismes physiques du conflit, mais font face à une “mort sociale” due à la perte de leurs réseaux de soutien, les exposant de manière disproportionnée aux violences basées sur le genre (VBG) et à la précarité extrême.

2. Le droit international comme outil d’émancipation locale : La vulgarisation de la Résolution 1325 de l’ONU n’est pas présentée comme une théorie abstraite, mais comme un instrument de légitimation qui permet aux femmes rurales de revendiquer leur place de plein droit dans les processus de sécurité et de prise de décision.

3. La nécessité d’espaces de parole non-mixtes et sécurisés : L’expérience montre que la création d’espaces de dialogue autonomes est un préalable indispensable ; ils permettent aux femmes de libérer leur parole, de mutualiser leurs traumatismes et de définir leurs propres priorités de paix sans l’influence des structures de pouvoir traditionnelles.

4. La professionnalisation de la médiation par le genre : L’article soutient que la formation technique de 10 médiatrices communautaires transforme l’intuition féminine en une compétence reconnue, capable de désamorcer des conflits fonciers et sociaux complexes que les méthodes traditionnelles échouent parfois à résoudre.

5. L’approche inclusive “HeForShe” pour la paix : Le succès de la médiation féminine repose sur une alliance stratégique avec les hommes. L’engagement des leaders traditionnels et des chefs de blocs est le verrou nécessaire pour transformer la perception du leadership féminin de “menace” en “atout pour la communauté”.

6. Le lien intrinsèque entre autonomie financière et paix durable : L’article établit que la consolidation de la paix est fragile tant qu’elle repose sur le bénévolat de femmes précaires ; l’autonomisation économique (AGR) est le carburant qui permet aux femmes de maintenir leur engagement citoyen sur le long terme.

7. Le passage de l’action ponctuelle à l’institutionnalisation : La pérennisation des acquis ne peut se faire que par la structuration des bénéficiaires en réseaux formels (comme le Réseau des Femmes Rurales et Déplacées), capables d’interagir officiellement avec les mairies et les autorités administratives.

Problématique

Comment l’implication stratégique des femmes rurales et déplacées internes, à travers la médiation communautaire et la formation citoyenne, peut-elle désamorcer les conflits identitaires et fonciers dans une zone de forte pression migratoire ?

Mots clés

• Médiation communautaire

• Résolution 1325

• Déplacés internes (PDI)

• Cohésion sociale

• Leadership féminin

Introduction générale

L’instabilité sécuritaire qui s’est cristallisée au Cameroun depuis 2017 a profondément redéfini le paysage social et démographique de nombreuses localités du pays. Ce conflit, loin d’être un simple affrontement armé, a engendré une recomposition des tissus communautaires, transformant des zones autrefois homogènes en des espaces de cohabitation complexe entre populations hôtes et déplacées. À Mbonjo, cette coexistence a initialement été marquée par des frictions persistantes, alimentées par une compétition pour l’accès aux ressources de base et une méfiance identitaire exacerbée par la crise.

Comme le souligne Tchakouté (2021) , les crises prolongées au Cameroun ne se résolvent pas uniquement par des accords de haut niveau, mais nécessitent une ingénierie sociale à la base pour recréer du lien là où la violence a semé la division. Dans ce processus de reconstruction, la figure féminine émerge comme un pivot stratégique. Cependant, malgré les dispositions de la Résolution 1325 des Nations Unies, les femmes restent souvent confinées à un rôle de victimes passives dans les récits de conflit. Puechguirbal (2010) critique d’ailleurs cette vision réductionniste, affirmant que l’exclusion des femmes des mécanismes de gouvernance locale prive les communautés d’une expertise de médiation pourtant essentielle à la stabilité.

Le présent article se propose d’explorer comment le projet « Renforcer le rôle des femmes rurales et déplacées internes dans la consolidation de la paix », mis en œuvre à Mbonjo, a réussi à transformer ces défis sécuritaires et sociaux en un véritable levier de gouvernance inclusive. En plaçant la femme qu’elle soit résidente ou déplacée au centre de la résolution des micro-conflits locaux, cette initiative ne s’est pas contentée de gérer l’urgence humanitaire. Elle a amorcé une mutation structurelle : le passage d’une gestion de crise subie à une médiation communautaire actée par les femmes. À travers l’analyse des mécanismes de formation, des espaces de dialogue et des succès de terrain, nous verrons comment le leadership féminin devient le ciment d’une nouvelle citoyenneté à Mbonjo.

1. LE CADRE NORMATIF ET LA SENSIBILISATION CITOYENNE : DU DROIT GLOBAL À L’ACTION LOCALE

Le premier pilier de l’intervention à Mbonjo repose sur la déconstruction des rapports de force inégaux à travers l’éducation au droit et la reconnaissance des vulnérabilités. Cette étape est cruciale : on ne peut demander à une femme de devenir actrice de paix si elle n’a pas conscience de la légitimité juridique de son action.

1.1. Appropriation de la Résolution 1325 de l’ONU : Un outil de légitimation politique

La Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée en octobre 2000, constitue le premier document formel exigeant une participation accrue des femmes à la consolidation de la paix et aux processus de décision. Cependant, dans les zones rurales du Littoral camerounais, ce texte reste souvent perçu comme une abstraction juridique lointaine. L’analyse des sessions de formation menées par l’organisation Growing Together à Mbonjo révèle un impact transformationnel qui dépasse la simple transmission de connaissances pour toucher à l’identité politique des participantes.

• La mutation de la perception de soi : de la victime à l’actrice de paix.

Avant les sessions, plus de 90 % des participantes percevaient la gestion des conflits comme une prérogative exclusivement masculine ou administrative. Cette auto-exclusion sociale est ce que Cohn (2008) définit comme l’intériorisation des structures patriarcales dans les contextes de post-conflit. La formation a permis de déconstruire ce paradigme en transposant les concepts de « Participation » et de « Protection » dans le quotidien des femmes. En comprenant que leur sécurité et celle de leur communauté dépendent de leur implication directe, elles ont opéré une transition psychologique majeure : elles ne se voient plus seulement comme des victimes des crises de 2017, mais comme des gestionnaires de la stabilité locale.

• L’acquisition d’un langage de plaidoyer et l’exercice du droit.

L’un des résultats les plus tangibles est le passage d’un discours de la “supplique” à un discours du “droit”. En s’appropriant les termes de la résolution, les femmes de Mbonjo ont cessé de solliciter une « faveur » pour être entendues par les chefs de quartiers ou les autorités municipales ; elles ont commencé à exercer une citoyenneté active. Comme l’explique Bell (2015) , l’accès au langage normatif international offre aux groupes marginalisés une « assise intellectuelle » et une légitimité qui font écran aux intimidations socioculturelles. À Mbonjo, cette maîtrise sémantique est devenue une arme de négociation lors des dialogues communautaires, permettant aux femmes de siéger à la table des discussions avec une autorité renforcée par le droit international.

• La politisation de l’espace domestique.

L’appropriation de la Résolution 1325 a également permis de politiser au sens noble du terme des enjeux autrefois confinés à la sphère privée. En s’appuyant sur les travaux de Pankhurst (2003) sur la paix sexospécifique, l’article montre que la formation a aidé ces femmes à établir un lien entre les tensions familiales, les litiges fonciers et la sécurité globale de la localité. Cette vision globale transforme chaque acte de médiation en une contribution directe à l’agenda national “Femmes, Paix et Sécurité”.

1.2. Cartographie des vulnérabilités locales : Identifier pour mieux protéger

L’efficacité d’une action de paix durable dépend intrinsèquement de sa capacité à nommer les maux et à diagnostiquer les racines structurelles de l’exclusion. Le projet mené à Mbonjo a permis de dresser une cartographie rigoureuse des obstacles spécifiques rencontrés par les femmes, révélant que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence de justice sociale et de sécurité humaine.

• L’insécurité foncière : Le point de friction majeur

L’accès à la terre constitue le nerf de la guerre dans les zones d’accueil du Littoral. Pour les femmes déplacées internes (PDI), l’absence de droits de propriété coutumiers ou de titres fonciers les place dans une situation de dépendance extrême. Comme l’analyse Alden Wily (2011) , dans les contextes de déplacement, les droits informels des femmes sont les premiers à être sacrifiés. À Mbonjo, cette réalité se traduit par l’exploitation dans les travaux agricoles ou l’expulsion arbitraire des terres louées au moindre différend de voisinage. Cette précarité foncière alimente une « vulnérabilité économique de survie » qui réduit ces femmes au silence, les empêchant de contester les injustices de peur de perdre leur seul moyen de subsistance.

• Les traumatismes invisibles : Les « blessures de l’ombre »

La cartographie a mis en lumière l’ampleur des séquelles psychologiques qui agissent comme des freins à l’engagement citoyen. Les femmes PDI portent le poids de deuils non faits, de pertes matérielles brutales et, trop souvent, de violences sexuelles subies durant l’exode. Theidon (2007) souligne que le traumatisme non traité paralyse l’agentivité (agency) des individus. À Mbonjo, ces blessures créent une barrière psychologique invisible : la peur, la honte ou la dépression empêchent les femmes de prendre la parole dans les espaces publics, limitant ainsi leur participation aux processus de décision communautaires.

• La double marginalisation : L’exclusion intersectionnelle

L’analyse des données de terrain montre que la femme PDI subit ce que Crenshaw (1989) appelle l’intersectionnalité des oppressions. Elle est marginalisée une première fois par son genre dans un système social patriarcal, et une seconde fois par son statut d’« étrangère » (PDI) au sein d’une communauté hôte elle-même sous pression économique. Cette double exclusion crée un cercle vicieux de vulnérabilité : étant perçue comme une intruse sans attaches, elle dispose de moins de recours sociaux et juridiques pour se défendre, ce qui renforce son isolement et sa fragilité face aux abus.

1.3. La levée des barrières socioculturelles : L’alliance stratégique avec les gardiens de la tradition

L’argument central développé ici postule que le leadership féminin ne peut s’épanouir durablement s’il est perçu comme une greffe exogène dans un environnement socioculturel hostile. À Mbonjo, la sensibilisation des autorités traditionnelles et des chefs de quartiers a constitué le « verrou stratégique » du projet, permettant de transformer des structures de pouvoir historiquement patriarcales en alliées de la cohésion sociale.

• Démystifier le leadership féminin : De l’« importation culturelle » à l’utilité sociale

Dans de nombreuses communautés rurales au Cameroun, l’émancipation des femmes est souvent perçue par les gardiens de la tradition comme une menace pour l’ordre établi ou une influence occidentale déstabilisante. Comme le souligne Eboussi Boulaga (1991), la tradition est souvent mobilisée comme un mécanisme de défense contre le changement. Le travail de terrain a consisté à démontrer, par les faits, que la paix communautaire est plus robuste lorsque les femmes interviennent. En se focalisant sur les conflits domestiques et de voisinage qui échappent souvent à la vigilance ou à la compétence des chefs les médiatrices ont prouvé que leur action complétait l’autorité traditionnelle plutôt qu’elle ne la défiait.

• La validation sociale de la parole : La « licence d’agir »

La prise de parole publique des femmes dans les chefferies est souvent entravée par des interdits tacites. Le projet a misé sur une approche pragmatique : obtenir une validation publique des chefs de quartiers. Lorsqu’un leader traditionnel reconnaît officiellement la présence d’une femme médiatrice, il lève un verrou psychologique puissant pour toute la communauté. Cette « licence d’agir » accordée par les hommes est, selon l’analyse de Kandiyoti (1988) sur le « marchandage patriarcal », ce qui permet de renégocier les rapports de force de l’intérieur. En recevant l’onction de la tradition, la médiatrice n’est plus perçue comme une rebelle, mais comme une garante de l’harmonie sociale.

• Le passage de la confrontation à la collaboration : L’approche HeForShe

L’implication directe des hommes dans le projet a permis de désamorcer les postures défensives. En adoptant les principes du mouvement « HeForShe », l’initiative a transformé les leaders masculins en « protecteurs des droits des femmes » plutôt qu’en opposants. Cette transition est fondamentale : elle crée un climat de « sécurité psychologique ». Comme l’explique Butler (2004) dans ses réflexions sur la vulnérabilité et la résistance, la capacité d’une personne marginalisée à agir dépend de l’existence d’un cadre de soutien social. À Mbonjo, une fois que les hommes ont compris que le leadership féminin réduisait les violences et les tensions foncières dont ils avaient eux-mêmes la charge, la peur de la sanction sociale a laissé place à une collaboration active.

2. LEVIER DE CHANGEMENT : LA MÉDIATION DE PROXIMITÉ

Si le cadre normatif pose les bases théoriques, la médiation de proximité constitue le bras séculier du projet. Il s’agit de transformer des femmes, autrefois spectatrices des tensions, en ingénieures de la paix sociale à Mbonjo.

2.1. Formation des médiatrices communautaires : De la sélection à l’expertise technique

La constitution de ce noyau dur de médiatrices à Mbonjo n’a pas été le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un processus rigoureux d’ingénierie sociale visant à garantir l’efficacité opérationnelle et la légitimité symbolique des interventions.

• Un processus de sélection stratégique : La mixité comme gage d’impartialité

Le choix des médiatrices a respecté un équilibre strict entre femmes autochtones et Personnes Déplacées Internes (PDI). Cette mixité est une condition sine qua non pour éviter tout biais communautaire ou perception de favoritisme lors des arbitrages. Comme l’indique Lederach (1997) , la consolidation de la paix par le bas nécessite des « leaders d’opinion intermédiaires » possédant une probité morale reconnue et une influence naturelle. Les critères de sélection à Mbonjo ont ainsi privilégié des femmes dotées d’une forte capacité d’écoute et d’un ancrage social réel, capables de traverser les clivages identitaires pour parler au nom de l’harmonie collective.

• L’ingénierie de la Communication Non-Violente (CNV) : Désamorcer la charge émotionnelle

La formation a rompu avec les schémas de confrontation habituels pour introduire des outils techniques de gestion de crise. Les médiatrices ont été outillées aux quatre étapes de la CNV (Observation, Sentiment, Besoin, Demande). Comme le souligne Rosenberg (2003) , la violence commence là où la capacité à communiquer ses besoins profonds s’arrête.

NGAE Papin Gaël , coordonnateur des projets Growing Together 2.0 , expert sur les questions d’accompagnement socioéconomiques et citoyens des communautés rurales, Email : papingael@gmail.com

 NSANGOU Sirac Théophile, Doctorant en sociologie, ingénieur social et chargé de projet dans plusieurs organisations de la societé civile (AJE, JEFEDE, Growing Together 2.0), E-mail : t.nsangou@yahoo.fr

La suite dans une autre publication.

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