Améliorer la protection et la reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains et des journalistes : c’est l’un des objectifs du Forum régional de haut niveau d’échanges et de solidarité coordonnée initié par le Redhac

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Du 15 au 16 janvier 2026, l’une des salles de conférences de l’Hôtel Prince de Galles, Douala – Cameroun abrite ledit Forum. Le Réseau des Défenseurs des Droits humains en Afrique centrale (Redhac) et son partenaire Ned, a fédéré au sein d’un espace, et dans une approche participative, inclusive et orientée vers l’action, des participants, incluant les représentants des institutions publiques, des Parlementaires et autorités locales, la Commission des Droits de l’Homme de Cameroun (Cdhc) Antenne du Littoral, des Avocats, des Organisations de la société civile, des Défenseurs des droits humains (Ddh) et journalistes, des femmes et jeunes leaders, des experts nationaux et régionaux, des Partenaires techniques et financiers.

Ces cibles ont largement échangé sur les thèmes suivants : les défis de paix, de sécurité, de gouvernance et de droits humains : cas du Cameroun et du Tchad ; Enjeux de paix, sécurité et gouvernance : défis communs Cameroun – Tchad ; Avantages et inconvénients de l’intelligencz artificielle dans le travail des Ddh, journalistes et autres acteurs…

Contexte

Le Cameroun et le Tchad font face à des défis communs persistants en matière de paix et de sécurité, de gouvernance démocratique, de cohésion sociale et de respect des droits humains. Les contextes de fragilité et d’insécurité, marqués notamment par l’extrémisme violent, les conflits communautaires et les crises humanitaires, ont des répercussions directes sur la stabilité régionale et sur les populations civiles, en particulier les femmes, les jeunes, les défenseurs des droits humains et les journalistes. A ceci s’ajoute un environnement géopolitique mondial violent qui met à mal le droit international et le droit humanitaire.

Malgré l’existence de cadres nationaux, régionaux et internationaux relatifs à la paix, à la sécurité, à l’égalité de genre, à la gouvernance inclusive et à la protection de l’espace civique, les réponses demeurent fragmentées et insuffisamment coordonnées entre les deux pays. Les opportunités d’échanges structurés entre pairs et de coopération transfrontalière restent limitées, alors même que les réalités et défis sont largement partagés.

Dans ce contexte, l’organisation d’un Forum régional de haut niveau d’échanges et de solidarité coordonnée s’impose comme un cadre stratégique visant à renforcer le dialogue, la coordination, l’apprentissage mutuel et l’engagement politique autour des enjeux communs de paix, de sécurité, de gouvernance inclusive, de lutte contre les effets néfastes de l’intelligence artificielle et de protection des acteurs clés de la démocratie.

Objectifs

Dr Maximilienne Ngo Mbe, Directrice Exécutive du Redhac

Pour les organisateurs, ce forum veut contribuer au renforcement de la paix, de la sécurité humaine, de la gouvernance inclusive et de la protection des défenseurs des droits humains et des journalistes au Cameroun et au Tchad à travers un cadre régional structuré d’échanges et de coordination entre pairs ; Renforcer le dialogue et la solidarité constructive à travers la coopération sous régionale Cameroun–Tchad sur les enjeux de paix, sécurité et gouvernance tout en promouvant l’intégration effective de l’approche genre dans les politiques et mécanismes de prévention des conflits et de gouvernance ; Faciliter le partage d’expériences, de bonnes pratiques et de leçons apprises entre acteurs étatiques et non étatiques en vue de favoriser des engagements politiques et institutionnels concrets et un mécanisme de suivi post-forum ; Améliorer la protection et la reconnaissance du rôle des défenseurs des droits humains et des journalistes.

Avec comme résultats attendus : un cadre renforcé de dialogue et de solidarité régionale entre le Cameroun et le Tchad est établi, intégrant l’approche genre dans les politiques de paix, sécurité et gouvernance, sous forme de plan d’action inclusif partagé entre les différentes parties prenantes ; Des outils techniques et pratiques sur la sécurité numérique, la protection physique, la protection contre l’influence néfaste de l’Intelligence Artificielle dans le travail des DDH et journalistes sont élaborés et fonctionnels.

Réactions

Dr Pierre Flambeau Ngayap, membre du Conseil d’administration du Redhac : « l’occasion est donnée pour le Conseil d’administration du Redhac de saluer tout corps professionnel qui a soutenu la résistance du Redhac durant sa période difficile. Si l’un des 8 pays que couvre le Redhac l’a paralysé, le Redhac a continué de se déployer dans les 7 autres pays. C’est par une décision de justice que les prétentions de l’Administration ont été anéanties. Le Redhac a retrouvé et recouvré ses droits constitutionnels et peut désormais poursuivre ses activités dans la plénitude de la légalité. C’est un moment spécial pour l’histoire du Redhac. Nous devons tous travailler pour ramener l’équité dans le fonctionnement des Institutions et tirer les leçons des évènements passés au Tchad et au Cameroun sur le plan des processus électoraux ».

Pr. Ambroise Louison Essomba, Agrégé de Droit, Université de Douala: « le Cameroun et le Tchad sont confrontés à des défis croissants en matière sécuritaire, aux conflits communautaires, aux crises politiques, aux attaques de Boko Haram. Dans notre exposé nous avons proposé quelques pistes de solutions à envisager pour lutter contre le terrorisme en vue de la préservation de la paix et de la stabilité. Au niveau juridique et institutionnel: l’harmonisation des législations pénales anti terroristes, la mise en œuvre effective des résolutions du Conseil de sécurité; Au niveau sécuritaire: l’accentuation de la coopération militaire régionale, le partage des renseignements et la circulation des frontières; Au niveau des solutions structurelles et préventives: la lutte contre la pauvreté, la marginalisation, la mal gouvernance, etc. Il faut dire que l’harmonisation des lois pénales est une question de volonté politique des États qui doivent mettre l’homme au centre des lois. »

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Dr Fouda, juriste : « je préfère une loi injuste qu’une loi ambiguë pour reprendre un auteur. Nous parlons de paix, au Cameroun, nous pensons qu’il faut commencer à travailler sur la précision des mots de la loi camerounaise N° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme, adoptée pour lutter contre le terrorisme.»

Bernard Batana, journaliste : « la paix devrait être au centre des préoccupations des uns et des autres. Nous constatons que ce n’est pas le cas. Pour un oui ou pour un non, on est considéré comme un terroriste. »

Paul Joël Kamtchang, secrétaire exécutif d’Adisi Cameroun : « nous avons parlé des dangers qui pèsent sur la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme, des journalistes, des avocats … il faut dire que chacun doit en premier lieu savoir se protéger car nous sommes exposés tout le temps. La meilleure sécurité c’est soi-même. Le plus important c’est de choisir sa meilleure sécurité ».

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C’est dire que toutes les parties prenantes au Forum régional de haut niveau d’échanges et de solidarité coordonnée, ont apprécié non seulement le choix du panel, le choix des conférenciers mais aussi le choix des sous-thèmes au regard de l’actualité et des difficultés auxquelles sont confrontés les défenseurs des droits humains, les avocats, les journalistes et autres, dans l’exercice de leurs métiers.

Linda Mbiapa

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