Cameroun : Au 2 janvier 2026 la création de 720 écoles inclusives sur l’ensemble du territoire national, constitue une avancée significative en faveur de l’accès équitable à l’éducation pour les enfants vivant avec un handicap et témoigne de la volonté des pouvoirs publics de promouvoir une éducation inclusive et respectueuse des Droits de tous

L’information figure dans une Déclaration publiée par la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (Cdhc) à l’occasion de la Journée mondiale du braille (Jmb) célébrée ce 4 janvier 2026. Le thème étant : ” Plus de braille, plus d’autonomie “.
La Commission salue les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à promouvoir les Droits des personnes aveugles ou malvoyantes pour leur plein épanouissement dans la société, notamment à travers la création, au 2 janvier 2026, de 720 écoles inclusives sur l’ensemble du territoire national, ce qui constitue une avancée significative en faveur de l’accès équitable à l’éducation pour les enfants vivant avec un handicap et témoigne de la volonté des pouvoirs publics de promouvoir une éducation inclusive et respectueuse des Droits de tous.
La Commission salue également les actions des organisations de la société civile (OSC) avec lesquelles elle collabore pour améliorer les conditions de vie ainsi que l’accès des personnes aveugles ou malvoyantes à un monde plus inclusif, à l’instar de l’organisation, le 16 décembre 2025 à Yaoundé, par le Club des Jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC), d’une cérémonie officielle consacrée à la présentation du plaidoyer en faveur de la non-discrimination des personnes vivant avec une déficience visuelle dans les processus de recrutement au sein des administrations publiques et des entreprises privées.

La Commission note que, selon des données récentes recueillies auprès du ministère des Finances ainsi qu’auprès du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative – des données présentées par le Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) lors du plaidoyer du 16 décembre 2025 – sur environ 360 000 agents de l’État en 2025, seuls 5,8 % sont des personnes vivant avec un handicap, un chiffre particulièrement faible au regard de la population nationale des personnes handicapées, estimée par le ministère des Affaires sociales à 3 400 000 individus ; ces statistiques traduisent une sous-représentation structurelle de ce groupe dans la fonction publique, témoin des obstacles persistants auxquels ils se heurtent en ce qui concerne l’accessibilité, la formation, la qualification et l’emploi formel.
Bienfondé
Le thème de la Jmb selon la Cdhc est en consonance avec l’Agenda 2030 de l’ONU relatif aux Objectifs de développement durable qui placent la dignité humaine, l’inclusion, l’égalité et l’autonomisation au cœur des ODD, rappelant que la réalisation de ces derniers constitue avant tout un engagement envers les Droits humains au quotidien, principalement :
l’ODD 4, Education de qualité, qui vise à assurer l’accès de tous à une éducation inclusive, équitable et de qualité, ainsi qu’à promouvoir des opportunités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ; l’ODD 8, Travail décent et croissance économique, qui tend à démontrer que la maîtrise du braille facilite l’employabilité ; l’ODD 10, Réduction des inégalités, qui vise à donner aux personnes aveugles et malvoyantes les moyens de participer pleinement à la société et d’être autonome.

Dans la même veine, la Déclaration publiée par la Commission à cette occasion, relève que ce thème s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), en particulier de son aspiration numéro 1 visant une Afrique prospère fondée sur un développement inclusif et durable, en ce qu’il favorise l’accès à l’alphabétisation en braille et renforce l’autonomie des personnes aveugles et malvoyantes, afin de garantir à tous les citoyens africains la possibilité d’exercer pleinement leurs Droits à l’éducation, à la participation sociale et économique et à une vie digne, conformément à la vision d’une Afrique centrée sur ses citoyens où l’inclusion, la justice sociale et la bonne gouvernance constituent des piliers essentiels.
Il est aussi mentionné que les Nations Unies définissent le braille ” comme un système d’écriture tactile dans lequel chaque lettre, chaque chiffre et même chaque symbole musical, mathématique et scientifique est représenté au moyen d’une combinaison de six points, donnant aux personnes aveugles ou malvoyantes un accès aux mêmes livres et revues que ceux destinés à une lecture visuelle”.
Observations

La Commission reste profondément préoccupée par la formation insuffisante des membres du personnel des services sociaux et d’état civil à l’accueil des personnes aveugles ou malvoyantes, ce qui constitue un obstacle majeur à la réalisation de leurs Droits, y compris leur droit-racine à l’identité. Elle relève que sur les 220 recommandations acceptées par l’État à l’occasion de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, cinq sont en consonance avec la thématique de l’édition 2026 de la Journée mondiale du braille, toutes ayant été ventilées par la CDHC aux structures pertinentes de l’État, aux institutions spécialisées ainsi qu’aux OSC, chacune en ce qui la concerne.
Au MINAS, la Cdhc réitère ses recommandations adressées lors de sa précédente déclaration à l’occasion de la Journée mondiale du braille en 2025 : mettre en place de nouveaux programmes d’insertion sociale et professionnelle pour les personnes aveugles ou malvoyantes, spécialement dans les domaines de l’artisanat, de la culture et du commerce ; Accroître le soutien financier aux familles d’enfants aveugles ou malvoyantes (bourses d’études, aides à l’achat d’équipement spécialisés comme les cannes blanches, etc.) pour faciliter leur insertion socio-professionnelle.

Aux Services du premier ministre, chef du Gouvernement, au ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative ainsi qu’au ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, la Cdhc recommande spécifiquement de mettre en œuvre une politique nationale de recrutement inclusif dans la fonction publique comprenant notamment : la fixation d’un quota légal minimal et progressif de recrutement des personnes vivant avec un handicap, aligné sur leur poids démographique national ; l’adaptation progressive mais rapide des concours administratifs, des postes de travail et des bâtiments publics aux différents types de handicap ; la mise en place de programmes de formation ciblés, de mise à niveau et d’accompagnement professionnel.


















