L’adoption de la Déclaration de Yaoundé et l’élaboration d’un Plan d’action sur l’application des principes originaux africains des Droits de l’homme et des peuples, d’un Plan d’action stratégique de mise en œuvre, ainsi que de Lignes directrices pratiques destinées à appuyer les INDH dans l’application effective des instruments et de la jurisprudence africaine aux niveaux national et régional : Voilà ce qui est attendu de la 15ᵉ Conférence biennale du RINADH

Ayant pour thème “ Les aspects originaux des instruments et de la jurisprudence africaine en matière de Droits de l’homme” . Tirer parti des instruments et de la jurisprudence en matière de Droits de l’homme en Afrique pour renforcer la réalisation des Droits de l’homme : le rôle stratégique des institutions nationales africaines des Droits de l’homme, cette Conférence qui a démarré par une assemblée générale le 4 février 2026 suivie les 5 et 6 février des travaux proprement dits de la Conférence biennale, offre un cadre de réflexion et de discussion sur les spécificités du système africain des Droits de l’homme.
En présence du Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, représentant personnel du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, du Vice-Président du Conseil Économique et Social, des ministres, du Président de la Commission des lois constitutionnelles et des Droits de l’homme de l’Assemblée nationale, des autorités administratives locales, des membres du Corps diplomatique, de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, de l’Alliance mondiale des Institutions nationales des Droits de l’homme et autres invités les Présidents et Représentants des Institutions nationales des Droits de l’homme tiennent leurs travaux.

Les participants examinent comment les instruments africains des Droits de l’homme tels que la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples, le Protocole à la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples relatif aux Droits des femmes en Afrique, la Charte africaine des Droits et du bien-être de l’enfant, la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique et d’autres instruments africains, contraignants ou non, ainsi que la jurisprudence développée par les mécanismes africains de protection des Droits de l’homme, peuvent être mieux exploités, afin de renforcer la promotion et la protection des Droits de l’homme dans chaque pays africain.
Dans un contexte marqué par les conflits, les inégalités persistantes, les défis environnementaux, la transformation numérique et les mutations de la gouvernance, la Conférence analyse aussi la manière dont les textes et la jurisprudence propres à l’Afrique offrent des réponses adaptées, légitimes et opérationnelles aux défis contemporains du Continent.
Aux cours des deux journées de travaux, les participants prennent part à des Présentations d’experts, des tables rondes, des séances plénières et des travaux de Groupe visant à renforcer les capacités des Institutions nationales des Droits de l’homme (INDH), à favoriser l’apprentissage par les pairs et à approfondir la collaboration avec les mécanismes africains de protection des Droits de l’homme et le Parlement panafricain.
Vent de modernité

Professeur James Mouangue Kobila, le nouveau Président du Réseau des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme déclare : « Je mesure avec gravité l’honneur qui m’échoit, en ma double qualité de Président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, institution hôte, et de nouveau Président du Réseau des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme, de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue dans cette enceinte (Ndlr : les locaux du Conseil économique et social du Cameroun sis à Yaoundé), à l’occasion de l’ouverture de la 15ᵉ Conférence biennale du RINADH.
Permettez-moi, à l’entame de mon propos, d’exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun qui, dès l’annonce de l’organisation de cet important évènement continental, a bien voulu assurer la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun du plein soutien de la Présidence de la République, par l’entremise du Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République. Ce soutien constant et attentif honore notre institution et conforte le rôle que les plus hautes autorités de l’État accordent à la promotion et à la protection des Droits de l’homme ».

Il a tenu également à exprimer sa reconnaissance appuyée au Premier ministre, Chef du Gouvernement, pour son accompagnement habituel et soutenu des actions de la CDHC et du RINADH, ainsi que pour l’attention particulière accordée à cette Conférence biennale. « Je me réjouis tout spécialement de sa digne représentation à cette cérémonie par Monsieur le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, à qui je voudrais adresser mes salutations respectueuses et déférentes. Je souhaite par ailleurs saluer avec une considération toute particulière la participation personnelle de Monsieur le Président de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples et celle de Madame la Présidente de l’Alliance mondiale des Institutions nationales des Droits de l’homme (GANHRI). Votre présence conjointe illustre avec force la complémentarité féconde entre les mécanismes africains et universels, ainsi que l’importance du dialogue institutionnel dans la consolidation des systèmes de protection des Droits de l’homme.»
Symbiose

Dans les locaux flambant neufs du Conseil économique et social du Cameroun, un lieu hautement symbolique, que son regretté Président, Luc AYANG, aimait qualifier de « creuset du dialogue national, où se tient ce grand rendez-vous, le cadre ainsi choisi est le plus approprié pour accueillir les assises du RINADH, tant ce lieu incarne la concertation, l’inclusivité et la recherche collective de solutions durables, valeurs qui sont également au cœur de l’action des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme.
« Le choix du thème de cette 15ᵉ Conférence biennale procède d’une réflexion mûrie et répond à plusieurs exigences fondamentales. Il s’inscrit, d’abord, dans le prolongement des appels réitérés des mécanismes africains des Droits de l’homme invitant les Institutions nationales à les appuyer plus activement dans l’accomplissement de leurs mandats. Il repose, ensuite, sur la nécessité d’améliorer de manière qualitative et structurée la contribution des INDH aux travaux de ces mécanismes, tant au stade de la promotion normative que du suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations.

Ce thème répond également à une exigence intellectuelle essentielle : celle de faire comprendre, au sein de nos États comme au-delà, que les instruments africains des Droits de l’homme et des peuples ne constituent nullement une redondance par rapport aux instruments universels, mais qu’ils reposent sur une philosophie propre, enracinée dans l’histoire, les valeurs et les réalités des sociétés africaines. Il s’agit enfin de mettre en lumière la singularité du socle du Système africain des Droits de l’homme et des peuples, de montrer en quoi il se distingue des autres systèmes régionaux et universels, tout en démontrant comment cette singularité se traduit concrètement dans la jurisprudence des principaux mécanismes africains, au premier rang desquels la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples, la Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples et le Comité des experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant », détaille Pr. James Mouangue Kobila.
Coopération renforcée

Le choix des participants à cette Conférence biennale répond à la même logique de cohérence et d’ouverture. Il tient compte de l’appel lancé « par l’immediat past President de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples qui nous honore également de sa présence, en sa qualité de Rapporteur-pays du Cameroun ; j’évoquais son appel réitéré lors du dernier Forum des INDH à Bandjul en faveur d’un Système africain des Droits de l’homme véritablement participatif, assurant non seulement l’implication des Organisations de la société civile et des Institutions nationales des Droits de l’homme, mais aussi celle des peuples, des individus et des communautés. C’est dans cet esprit que nous nous réjouissons de la présence, dans cet hémicycle, de la jeunesse estudiantine, des universitaires, ainsi que des autorités traditionnelles, chefs naturels de nos communautés. Leur participation rappelle avec force que le Système africain des Droits de l’homme ne saurait être exclusivement institutionnel : il est, avant tout, un système au service des peuples, nourri par leurs voix, leurs savoirs et leurs expériences vécues », se réjouit le nouveau président du RINADH.
Renforcer la contribution des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme à un Système africain plus efficace, plus inclusif et plus proche des populations

Convoquée conformément à l’article 56 du texte fondateur du RINADH, la Conférence biennale constitue une plateforme continentale essentielle de dialogue, de réflexion et d’action collective sur les enjeux prioritaires des Droits de l’homme et des peuples sur le continent. L’édition 2026 met en lumière les caractéristiques distinctives du système africain des Droits de l’homme et des peuples, y compris les Droits collectifs, les Droits économiques, sociaux et culturels justiciables, les responsabilités communautaires ainsi que les approches de la justice fondées sur la culture.
À travers cette 15e édition, le RINADH réaffirme son engagement à renforcer les systèmes africains de protection des Droits de l’homme et à promouvoir une approche contextualisée de la réalisation des Droits de l’homme à travers le continent.
Linda Mbiapa



















