
La Paroisse Sainte Monique, Maképè Rhône Poulenc s’est muée ce vendredi 25 septembre 2026 en un espace dédié à la causerie éducative sur la maladie d’Alzheimer. Suivra samedi 26 septembre 2026 au Parcours Vita une marche sportive sous le thème : « Marche pour ton cerveau, marche pour la paix ». Ces deux activités sont initiées par l’Ong Women Peace Initiatives (Wopi) et l’Association Comprendre la Maladie d’Alzheimer (Acma).
« Tous contre l’Alzheimer. Cette maladie n’est pas la sorcellerie », lit-on sur les banderoles qui meublent le lieu de la causerie éducative. Avant le début des échanges, les organisateurs et leurs partenaires ont procédé aux consultations, dépistages de la maladie et écoute.

Étaient présents : le représentant du ministère des Affaires sociales (Minas), la représentante du Gouverneur de la région du Littoral, la représentante du Mincommerce, du Minjec, Dr Ginette Tuayon, médécin-gérontologue, Sylvie Jacqueline Ndongmo, présidente internationale de Wilpf (Women’s International League For Peace & Freedom), Megnijio Myriam, Présidente de Wopi, Dr Michael Toguem, médecin psychiatre du Centre médical Bona Health.
Un éclairage complet sur l’une des maladies neurodégénératives les plus répandues dans le monde

Maladie d’Alzheimer et Paix sociale. Voilà qui a marqué l’intérêt du représentant du Minas dans son mot d’ouverture : « c’est un plaisir pour le Minas et surtout pour la délégation régionale du Littoral d’être là à ces activités ». Joie partagée par la représentante du Gouverneur du Littoral qui a suivi avec une attention particulière la causerie éducative.
Et cette introduction de Myriam Megnijio, Présidente de Women’s Peace Initiative (Wopi) : « La paix ne se résume pas à l’absence de guerre ou de conflit. Elle se construit au quotidien, dans nos familles, dans nos communautés et dans nos institutions. Elle se construit lorsque les droits humains sont respectés, lorsque les personnes vulnérables sont protégées, lorsque les discriminations sont combattues et lorsque chacun peut vivre dans la dignité. C’est dans cet esprit et dans le cadre de la commémoration des journées internationales conjointes suivantes : la Journée Internationale de la Paix et la Journée Mondiale de la Maladie d’Alzheimer qui se tiennent chaque année le 21 Septembre que Women’s Peace Initiatives a choisi de s’associer à l’Association Camerounaise de la Maladie d’Alzheimer (ACMA) pour créer cet espace de dialogue, de sensibilisation, de dépistage, d’orientation et de mobilisation.
Je voudrais, à ce titre, adresser mes sincères remerciements à l’ACMA pour cette collaboration, ainsi qu’à l’ensemble des professionnels de santé, intervenants, partenaires, organisations de la société civile, institutions, et participants qui ont répondu présents.

Myriam Megnijio, Présidente de Women’s Peace Initiative (Wopi)
La maladie d’Alzheimer et les autres troubles cognitifs ne concernent pas uniquement la personne malade. Ils concernent également sa famille, ses proches, ses aidants et, au-delà, toute la communauté.
La méconnaissance de ces troubles peut malheureusement favoriser les préjugés, la stigmatisation, l’isolement et la discrimination. Dans certains contextes, des manifestations de la maladie peuvent même être interprétées à travers des croyances erronées, exposant les personnes concernées à différentes formes de maltraitance ».
Un diagnostic précoce pour mieux accompagner

Dr Ginette Tuayon, Présidente d’Acma
Dr Ginette Tuayon, Présidente d’Acma : « nous disons merci à tous ceux qui sont venus pour les consultations, dépistages, prises de paramètres, causerie éducative. Cela témoigne de la confiance en nos deux associations initiatrices de ce programme. Nous aurons également une marche demain. Environ 20% de personnes de plus de 80 ans peuvent avoir la Maladie d’Alzheimer qui est une démence comme d’autres maladies c’est-à-dire les maladies qui touchent le cerveau. Plus on prend de l’âge, plus on court le risque de l’avoir, c’est pourquoi les consultations et dépistages précoces sont très importants. ( Évaluation clinique, imagerie cérébrale, analyse biologique permettent de diagnostiquer la maladie. La clé c’est le diagnostic précoce qui permet d’adapter l’environnement du malade ) . Il y a 14 facteurs de risque (l’âge, le mode de vie sédentaire et maladies cardiovasculaires, l’isolement social et stress chronique, diabète, hypertension et obésité, le déficit auditif, le faible niveau d’instruction, les traumatismes crâniens) ».
Lutte contre la discrimination

Les symptômes de la maladie d’Alzheimer sont les oublis fréquents, les difficultés à planifier des tâches complexes, les premiers signes de désorientation au stade léger ; pertes de mémoire entre autres au stade sévère. Au niveau de la prise en charge, Dr Ginette Tuayon souligne qu’il n’y a aucun traitement curatif mais certains médicaments ralentissent la progression des symptômes et améliorent le quotidien. Pour elle, « il est important de porter le message de la prévention, de la sensibilisation et soutenir les recherches ».
La Minute de la Paix

La séquence de la « Minute de la paix » c’est avec Sylvie Jacqueline Ndongmo au regard des deux journées qu’on célèbre le même jour : le 21 septembre. Des mouchoirs blancs distribués aux personnes présentes, tout le monde debout, les mains et mouchoirs levés, les rubans roses symbole de la lutte contre la maladie d’Alzheimer mis en vitrine, tous ont pris leur engagement via ce message véhiculé par la présidente internationale de Women’s International League For Peace & Freedom : « Nous célébrons une cause noble : la santé cognitive, la dignité humaine, l’assistance aux personnes vulnérables. En levant nos mouchoirs blancs, pensons à toutes les victimes de violences, aux malades, aux déplacés internes, aux femmes et enfants qui œuvrent pour la paix, à tous ceux qui souffrent en silence. Ce mouchoir blanc nous rappelle que nous avons une responsabilité dans la construction d’une société paisible, personne ne doit être abandonnée à cause de sa vulnérabilité. Répétons tous ensemble “Je choisis la paix, le dialogue, la non violence, la solidarité avec les plus vulnérables, je choisis de construire la paix autour de moi. Ensemble, faisons du respect une force, de la solidarité une culture, de la paix un engagement au quotidien” ».
Non à la Stigmatisation

Sylvie Jacqueline Ndongmo, Présidente internationale de Wilpf
Dans sa présentation, Sylvie Jacqueline Ndongmo a fait le lien entre la maladie d’Alzheimer et la Paix. « La paix commence dans nos familles, nos communautés, notre façon de traiter des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles cognitifs. Quand on ne comprend pas cette maladie, on humilie, on rejette, on accuse. L’ignorance est dangereuse ». Citant plusieurs exemples poignants de vie dans sa famille et autour d’elle, la conférencière témoigne de la nécessité de comprendre la maladie d’Alzheimer, d’éduquer l’entourage du malade car : « de nombreuses personnes qu’on qualifie de difficiles, de méchantes, de sorcières, ne le sont pourtant pas. Elles ont besoin d’aide, d’aidants, de patience. Je vis cette situation avec maman. Les enfants ne la comprenaient pas quand j’ai commencé à détecter des signaux, la traitant alors de difficile, grand-mère a changé. Pour peu que je leur ai expliqué que grand-mère n’a pas changé, elle est malade. Le regard des enfants a changé. Ils ont remplacé la colère par la compréhension, l’exclusion par l’accompagnement et la patience ».

La présidente de Wilpf soutient : « la maladie d’Alzheimer est une question de paix et de cohésion sociale. La façon par laquelle on traite le malade est importante pour la promotion de la paix. La paix se construit dans les familles à travers la protection des personnes vulnérables et le respect de leurs droits. La paix ne se construit pas seulement en milieu politique. L’ignorance favorise la stigmatisation. Une maladie ne doit jamais devenir une cause de condamnation sociale. Les femmes sont particulièrement concernées soit par la maladie, soit par le rôle qu’elles jouent auprès des malades ».
Recommandations

Sylvie Jacqueline Ndongmo exhorte les pouvoirs publics à développer des mécanismes de soutien aux aidants familiaux, à produire des données précises permettant de renforcer la sensibilisation. Aux Collectivités territoriales décentralisées, cette dernière recommande de soutenir des campagnes de sensibilisation et de dépistage. Aux leaders traditionnels et religieux, elle suggère d’aider à déconstruire les croyances et les préjugés. Aux Organisations de la société civile de renforcer des actions de sensibilisation et d’intégrer la question des personnes âgées dans le programme des Violences basées sur le genre (Vbg). Aux médias, Sylvie Jacqueline Ndongmo recommande de renforcer la sensibilisation des populations sur la maladie d’Alzheimer et mettre en lumière le lien entre la santé et la protection des personnes, de consacrer chaque année autour du 21 septembre des espaces dédiés à la sensibilisation sur la santé cognitive, à la prévention des violences basées sur le genre et à la promotion de la paix. Aux familles, il est conseillé d’apprendre à connaître la maladie d’Alzheimer afin de barrer la voie aux préjugés stigmatisant les malades.
Toutes choses que soutient Dr Toguen, médecin psychiatre ayant exposé sur le thème “ Violences basées sur le genre et troubles cognitifs ”.
Linda Mbiapa














