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« Notre regard sur nos déchets ménagers » : le thème du 7e Salon Villes et Toits du Cameroun (Svtc) invite à une introspection collective

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Le siège du Codas Caritas Douala (à Terminus Saint Michel) vibre ce jeudi 18 décembre 2025 au rythme de la 7ème édition du Salon Villes et Toits du Cameroun (Svtc).

Sous la présidence de l’Abbé Bernard Hona Tonye, représentant de l’Archevêque métropolitain de Douala, l’événement du jour a drainé une foule immense au regard de l’enjeu du thème. La rencontre réunit donc les administrations publiques, les Collectivités Territoriales Décentralisées, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles, les leaders communautaires et les médias.

Comme nous le vivons en ce moment, Cette 7ème édition comporte une spécificité majeure : les travaux en ateliers sont organisés par les Communes d’Arrondissement cibles du Projet AQP (Amélioration des Quartiers populaires) à savoir les Communes d’Arrondissement de la ville de Douala, exception faite de la Commune d’Arrondissement de Douala 6eme.

« Une nouveauté, une résultante du mécanisme d’amélioration continu dans laquelle s’inscrit le Comité d’Organisation du Salon Villes et Toits du Cameroun vise à obtenir des résultats tangibles et durables de cette édition du Salon Villes et Toits du Cameroun ainsi que des deux éditions à venir d’une part. D’autre part, cette nouveauté s’inscrit dans la logique de procéder au suivi des recommandations qui seront formulées dans chaque atelier avec les exécutifs communaux des circonscriptions administratives respectives et donc de mieux saisir leur intérêt pour une meilleure gestion des déchets ménagers et les effets produits », certifie Armand Nouwe, Chef du projet AQP au cours du point de presse ayant suivi l’ouverture du Salon et les différents discours de l’Administration.

Ainsi, en ouvrant le Salon, l’Abbé Bernard Hona Tonye laisse entendre : « grande est ma joie de prendre la parole au nom du Père Archevêque président de la 7ème édition du Salon Villes et Toits du Cameroun. Le Svtc traite d’un thème qui nous amène à dire que la gestion des déchets est un enjeu mondial crucial car elle affecte l’environnement, la santé publique et l’économie. Seulement 4% de déchets sont recyclés en Afrique sub saharienne. Ce faible pourcentage doit nous interpeller ».

Les chiffres

Tribune de valorisation des établissements humains spécifiques que sont les quartiers populaires depuis sept ans, le SVTC offre un cadre de réflexion et de dialogue pluri acteurs autour des enjeux urbains, environnementaux et sociaux. D’après Léon Yanda, président du Comité technique d’organisation de ce 7e Salon : « La problématique des déchets ménagers constitue aujourd’hui un enjeu mondial crucial, aux impacts multiples sur l’environnement, la santé publique et le développement économique. Quelques données permettent d’en mesurer l’ampleur : en 2015, environ 2 milliards de tonnes de déchets solides municipaux ont été produits dans le monde ; ce volume pourrait atteindre 3,4 milliards de tonnes par an d’ici 2050, soit une augmentation de 70 %. Le secteur de la gestion des déchets représente un fort potentiel de création d’emplois, avec près de 45 millions d’emplois possibles d’ici 2030. Des stratégies orientées vers le zéro déchet pourraient permettre de réduire de 15 à 20 % les émissions de gaz à effet de serre ».

Face à ces enjeux croissants, la 7eme édition du SVTC placée sous le thème « Notre regard sur nos déchets ménagers », met l’accent sur les défis liés à la gestion des déchets urbains, notamment les déchets ménagers, leurs impacts sur la santé, l’environnement et la qualité de vie, ainsi que sur les solutions locales et durables disponibles et envisageables. Les échanges de ce jour portent notamment sur le tri, le recyclage, la valorisation des déchets, l’économie circulaire et la sensibilisation citoyenne.

Réactions

Dans sa leçon inaugurale poignante, le délégué départemental de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable pour le Wouri Lemnyuy Albin William Banye soutient mordicus : « le thème qui nous rassemble : ( Notre regard sur les déchets ménagers solides) est d’une grande justesse car, avant d’être une question technique, financière ou institutionnelle, la gestion des déchets est avant tout une question de regard, de pratiques et de responsabilité collective. Comment regardons- nous nos déchets ? Comme une nuisance inévitable ? Comme un problème relevant uniquement de la mairie ? Ou bien comme une réalité quotidienne que nous pouvons, ensemble, transformer en opportunité ? »

C’est précisément à ces questions que sa leçon inaugurale a répondu, afin d’ouvrir la réflexion, d’éclairer les échanges des ateliers et surtout d’inspirer des actions concrètes dans les communes. L’autorité constate que dans la majorité « de nos quartiers urbains, le déchet n’est pas perçu comme une ressource. Il est vécu au quotidien comme une contrainte, comme une source d’insalubrité, comme un facteur aggravant des inondations, comme un risque sanitaire – notamment pour les enfants – et parfois même comme un motif de conflit entre voisins ».

Il déplore qu’à Douala, les déchets sont mélangés dès leur production. Et les dépôts sauvages deviennent, malheureusement, des éléments permanents du paysage urbain. « Ce vécu quotidien est au cœur même des enjeux que traite le Salon Villes et Toits du Cameroun. Il doit être méconnu, entendu et compris avant toute proposition de solution . Dans nos grandes villes et particulièrement à Douala, le système dominant repose sur un schéma simple mais profondément inefficace. Les déchets sont mélangés à la source. La valeur des matières est détruite dès le départ. Le tri en aval devient coûteux, inefficace, parfois même impossible. Et la décharge devient l’issue quasi unique », détaille le délégué départemental de l’environnement pour le Wouri pour qui les conséquences sont bien connues : la prolifération des dépôts sauvages, pollution des sols, des cours d’eau et des mangroves, émissions importantes de méthane.

C’est pourquoi la représentante du délégué régional de l’habitat et du développement urbain pour le Littoral, Dora Tchemo soutient que le focus doit davantage être mis sur la sensibilisation, le changement des mentalités car « plus la population augmente, plus les déchets augmentent. Il faut que les populations saisissent l’implémentation des 3 « R » – Réduire – Revaloriser – Re-utiliser. Cela ne concerne pas seulement l’État et les municipalités. Mais chaque citoyen doit s’’investir dans le tri à la base. Ce qui va faciliter le recyclage ».

Avis partagé par le représentant du Maire de Douala 3e, Dr Takoulo Kouoh Bertin.

Plus loin, Raoul Bagopha le représentant de Misereor ajoute : « c’est une chance et une première pour moi d’assister à ce salon. Réduire – revaloriser – re utiliser, cette formule met en lumière plusieurs enjeux. La transformation des déchets est idéale. Si on décide de les transformer, les déchets rapportent de l’argent ».

Étaient également présents les représentants du Ministère des domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf), des mairies d’arrondissement, des organisations de la société civile, des élites traditionnelles, des chefs de quartiers, chefs de blocs, etc.

À travers cette 7ème édition, le Salon Villes et Toits du Cameroun entend contribuer à la promotion de villes plus propres, inclusives et durables.

Linda Mbiapa Mbenda

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