Cameroun : Situation bouleversante dans les Prisons centrales de New-Bell, de Ngoma à Douala et la prison de Mbanga dans le Moungo

Le rapport annuel 2025 sur la situation des droits de l’homme au Cameroun produit par l’ONG Un Monde Avenir et ses partenaires associatifs, donne des frissons. Évocation !!!
Au cours de l’année 2025, le groupe de travail dit avoir collecté des informations sur les conditions de détention dans les prisons du Cameroun, particulièrement dans les prisons centrales de New-Bell et de Ngoma à Douala et la prison de Mbanga dans le Moungo. Des prisons visitées, il ressort « des conditions de détention qui ne garantissent point le minimum de bien-être aux détenus. Les conditions de détention se dégradent de plus en plus avec les cas de malnutrition, le manque d’eau potable, d’hygiène de base et la faible capacité matérielle pour faire face au besoin de santé des détenus. Avec une démographie de plus de 4000 détenus, la prison de New-bell, pour ne prendre que cet exemple, ne dispose que d’un seul médecin pour la prise en charge sanitaire. Nous avons également observé un état de délabrement et de promiscuité indescriptible du centre de santé qui existe à l’intérieur de cette prison. Nous notons les retards judiciaires qui prolongent indûment la détention provisoire des prévenus. Le ratio du personnel pénitentiaire rend impossible la gestion respectueuse des droits humains », peut-on lire dans le rapport de plus de 100 pages parvenu au sein de la rédaction du journal LA SIRÈNE INFOS.
En outre, « nous avons constaté et identifié qu’il existe une cinquantaine de personnes, malades mentales détenues dans la prison centrale de New-Bell et de Mbanga. Ces dernières ne bénéficient quasiment pas d’un suivi rigoureux, ni d’une prise en charge adéquate. Elles vivent dans des conditions assez difficiles (promiscuité quotidienne, mauvaise alimentation, absence de bains corporels réguliers, etc.). Ces détenus débiles seraient également victimes des actes de sodomie et de viol au quotidien, parfois par les autres détenus normaux, voire même les pénitenciers. C’est des détenus souffrant des maladies de la peau, se tordant de démangeaisons à longueur de journée sans prise en charge. C’est des prisonniers qui malgré la privation de liberté contribuent pour leur nutrition, le savon, l’eau de javel, l’électricité et l’eau à la prison de Mbanga », décrient l’ONG Un Monde Avenir et ses partenaires associatifs.
ALERTE
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Fort de ce qui précède, ces derniers relèvent que l’ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela) prescrivent :
→Règle 15: Les installations sanitaires doivent être adéquates pour permettre au détenu de satisfaire ses besoins naturels au moment voulu, d’une manière propre et décente.
→Règle 16 : Les installations de bain et de douche doivent être suffisantes pour que chaque détenu puisse être à même et tenu de les utiliser, à une température adaptée au climat et aussi fréquemment que l’exige l’hygiène générale selon la saison et la région géographique, mais au moins une fois par semaine sous un climat tempéré.
→Règle 22 : 1. Tout détenu doit recevoir de l’administration pénitentiaire aux heures habituelles une alimentation de bonne qualité, bien préparée et servie, ayant une valeur nutritive suffisant au maintien de sa santé et de ses forces.
2. Chaque détenu doit pouvoir disposer d’eau potable lorsqu’il en a besoin.
→Règle 24: 1. L’État a la responsabilité d’assurer des soins de santé aux détenus, ceux-ci devant recevoir des soins de même qualité que ceux disponibles dans la société et avoir accès aux services nécessaires sans frais et sans discrimination fondée sur leur statut juridique.
2. Les services de santé devraient être organisés en relation étroite avec l’administration générale de santé publique et de manière à faciliter la continuité du traitement et des soins, notamment pour le VIH, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses, ainsi que pour la toxicomanie.
→Règle 25: 1. Chaque prison doit disposer d’un service médical chargé d’évaluer, de promouvoir, de protéger et d’améliorer la santé physique et mentale des détenus, une attention particulière étant accordée à ceux qui ont des besoins spéciaux ou des problèmes de santé qui constituent un obstacle à leur réinsertion.
2. Ce service doit être doté d’un personnel interdisciplinaire comprenant un nombre suffisant de personnes qualifiées agissant en pleine indépendance clinique, et disposer de compétences suffisantes en psychologie et en psychiatrie.

















