Journée de l’Enfant Africain 2026 : entre célébration et déclaration, la Cdhc donne plus de visibilité au message de protection des droits de l’enfant et sensibilise davantage le public aux questions qui touchent les enfants

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La capitale politique du Cameroun vibre ce mardi 16 juin 2026 au rythme des activités mises en lumière par la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (Cdhc) à la faveur de la Journée de l’Enfant africain (Jea).

Enfants, autorités, société civile, partenaires et médias, ont pris la température ce jour quant à ce qui concerne la Journée de l’Enfant africain, les défis à relever et les actions menées par la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (Cdhc)  visant à mettre en lumière les droits, le bien-être et la voix des enfants au Cameroun.

Grosso modo, la Commission accueille favorablement le thème retenu pour l’édition 2026 de la JEA, à savoir Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique, un thème qui met opportunément en lumière le lien direct entre d’une part, les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène et, d’autre part, la jouissance effective de tous les Droits de l’enfant ; un lien expressément consacré à l’article 14 de la Charte africaine des Droits et du bien-être de l’enfant (ChADBEE).

Couacs

Dans une déclaration d’une forte teneur, documentée et tenant sur une dizaine de pages, l’institution nationale des Droits de l’homme constate qu’en dépit des actions menées et des engagements pris par le Gouvernement camerounais et ses partenaires, de nombreux enfants continuent de se heurter à des insuffisances persistantes dans l’accès à l’eau potable, l’hygiène et à l’assainissement, avec des conséquences préoccupantes sur leur santé, leur scolarisation et leur bien-être.

La Commission observe, pour le déplorer, que les changements climatiques aggravent la vulnérabilité hydrique dans plusieurs localités du pays, à travers notamment la dégradation des infrastructures, l’irrégularité croissante des précipitations, la multiplication des inondations et la contamination des ressources en eau souterraines, compromettant ainsi l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène.

La Commission reste préoccupée par les incursions sporadiques des terroristes de Boko Haram dans certaines localités des Régions septentrionales et la persistance de l’insécurité liée aux activités des groupes terroristes sécessionnistes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui accentuent les disparités en matière d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, tout en entraînant d’importants mouvements de populations déplacées, y compris les enfants à l’intérieur du pays ainsi qu’un afflux continu de réfugiés en provenance du Nigéria et de la République centrafricaine.

En outre, la Cdhc constate qu’au Cameroun, 17 % des filles manquent régulièrement l’école en raison de l’insuffisance des dispositifs de gestion de l’hygiène menstruelle, tandis que les maladies diarrhéiques provoquées par l’insalubrité, continuent de causer plus de 7 000 décès par an, représentant environ 16 % de la mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans.

Observations

La Commission relève, pour le déplorer, que le taux d’accès à l’eau potable demeure limité a environ 70 % de la population, avec des disparités marquées entre les zones urbaines (82 %) et les zones rurales (52 %), et que seuls 43% de la population dispose d’installations sanitaires de base, avec, là aussi, un écart important entre les milieux urbains (58 %) et ruraux (22). Elle déplore les obstacles infrastructurels persistants qui privent de nombreux élèves en situation de handicap d’infrastructures appropriées d’accès à l’eau potable; à l’assainissement et à l’hygiène, compromettant ainsi les conditions d’apprentissage et d’inclusion de près de 200 000 enfants vivant avec un handicap.

La Commission condamne avec la plus grande fermeté la recrudescence préoccupante des actes de violence d’une extrême gravité perpétrés à l’encontre des enfants, notamment les infanticides, des filicides, les mutilations génitales féminines, ainsi que des drames intrafamiliaux qui constituent des violations flagrantes des Droits fondamentaux de l’enfant, en particulier son droit à la vie, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique ainsi qu’à la protection ; ces actes odieux, qui heurtent profondément la conscience collective, compromettent le développement harmonieux des enfants et contribuent à fragiliser le tissu social ainsi que les fondements mêmes de la cohésion familiale et communautaire.

La. Commission déplore particulièrement que ces violences surviennent au sein même du cadre familial, qui devrait pourtant représenter le premier espace de protection, de sécurité, d’affection et d’épanouissement de l’enfant ; elle s’inquiète de cette inversion préoccupante du rôle protecteur de la famille, qui expose les enfants à des risques accrus de maltraitance, de négligence et d’atteintes graves à leurs Droits.

Recommandations

La Commission relève que sur les 220 recommandations acceptées par l’Etat lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, trois sont en consonance avec la thématique de l’édition 2026 de la Journée de l’enfant africain ; elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’ institution nationale des Droits de l’homme du pays aux structures pertinentes de l’État, aux institutions spécialisées, ainsi qu’aux organisations de la société civile (OSC), chacune en ce qui la concerne, de la manière suivante :

la recommandation invitant à « achever le processus d’adoption du projet de Code de protection de l’enfant » a été adressée aux Services du premier ministre, chef du Gouvernement (SPWCG), au ministère de la Justice (MINJUSTICE), au MINAS et aux OSC ;

la recommandation invitant à « accélérer l’adoption du Code de protection de l’enfant » a été adressée au SPM/CG, au MINJUSTICE, au ministère de la Décentralisation et du Développement local (MINDDEVEL), au MINPROFF, au MINAS ainsi qu’à la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN);

la recommandation invitant à mener de vastes campagnes de sensibilisation du public en général et particulièrement des enfants aux soins de santé préventifs, à la nutrition, à l’hygiène et à là prévention des maladies » a été adressée au ministère de la Santé publique (MINSANTÉ), au MINAS et aux OSC ;

Lire aussiFaire progresser la protection et la promotion des Droits de chaque enfant africain : le défi persiste

La Commission réitère ses recommandations formulées dans sa Déclaration du 16 juin 2025 à l’occasion de la précédente édition de la JEA, notamment :

aux SPM/CG de mettre en place un cadre de coordination multisectorielle holistique dédié aux Droits de l’enfant regroupant les Départements ministériels concernés, la CDHC, les OSC œuvrant dans la promotion et la protection des Droits des enfants ainsi que Ales partenaires au développement, afin d’assurer la cohérence des politiques publiques et d’éviter les doublons dans les interventions ;

au ministère de l’Économie, de la Planification et de I ‘Aménagement du territoire (ML’VEPAT), au MINSANTÉ, au MINEDUB, au ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) et au MINAS d’intégrer systématiquement les Droits de l’enfant dans les documents de planification nationale et sectorielle par l’inclusion d’une analyse systématique de l’impact sur les enfants dans les plans sectoriels et stratégiques.

La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement, au Parlement et au pouvoir judiciaire de renforcer la répression des abus et crimes commis sur les enfants et de garantir l’application rigoureuse et effective des dispositions légales relatives à la protection de l’enfant, y compris en veillant à ce que les auteurs d’infanticides et de violences à leur encontre fassent systématiquement l’objet de poursuites judiciaires accélérées et de sanctions pénales exemplaires, conformément au principe de tolérance zéro.

Au MINEE, il est recommandé de renforcer les investissements dans la construction, la réhabilitation et l’entretien des infrastructures d’approvisionnement en eau potable dans les établissements accueillant des enfants et dans les communautés vulnérables;

au MINEDUB, au MINESEC et au MINESUP d’accélérer la construction de latrines modernes inclusives et séparées dans les établissements scolaires et universitaires, tout en assurant leur entretien régulier; au MINSANTE d’intensifier les campagnes nationales de sensibilisation sur l’hygiène, le lavage des mains et la prévention des maladies hydriques dans les écoles et au sein des communautés. Au MINAS et au ministère de I ‘Administration territoriale (MINAT) de renforcer les interventions humanitaires et les programmes d’urgence en faveur des enfants dans les zones en proie à l’insécurité ou aux catastrophes naturelles.

Au MINAS, de veiller à l’aménagement d’infrastructures dh eau, d’hygiène et d’assainissement accessibles et adaptées aux enfants en situation de handicap dans tous les établissements publics accueillant lesdits enfants ; au MINPROFF et aux responsables d’établissements scolaires de développer les programmes de gestion de l’hygiène menstruelle en milieu scolaire à travers la mise à disposition d’installations adaptées et la sensibilisation des membres de la communauté éducative ; au MINDDEVEL ainsi qu ‘aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) d’intensifier les actions communautaires de sensibilisation sur la protection des infrastructures hydrauliques, l’ assainissement et la préservation de l’environnement ; aux organisations de la société civile di intensifier les actions de sensibilisation communautaire, d’éducation citoyenne et de plaidoyer sur les Droits des enfants à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, tout en renforçant l’implication des communautés dans la protection et l’entretien des infrastructures y relatives.

Quant à elle, la Commission des Droits de l’homme du Cameroun réaffirme solennellement son engagement indéfectible à poursuivre sans relâche ses efforts pour la promotion et la protection des Droits de l’homme en général, en accordant une attention particulière aux Droits des enfants à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement ; à cet égard, la Commission continuera de mettre en œuvre une batterie d’actions coordonnées, à travers :

des campagnes de sensibilisation de masse ; des actions de plaidoyer auprès des pouvoirs publics ; des missions d’enquête et d’investigation ; le traitement diligent des requêtes et l’auto-saisine , des visites régulières de tous les lieux de privation de liberté, des interventions en amicus curiae (ami de la cour) devant les juridictions, ainsi que des ateliers de formation et de renforcement des capacités.

La Commission exhorte une fois de plus toutes les personnes qui se considèrent victimes ou témoins de violations des Droits de l’homme en général, y compris celles touchant les Droits des enfants à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, à la saisir sans délai, y compris par le truchement de son numéro vert, le 1523 (gratuit, même sans crédit de téléphone).

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