jeudi, juillet 23

EXÉCUTION IMMINENTE DE MIGRANTS ÉTHIOPIENS AU ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE : LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉE

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Dans une déclaration publiée le 22 juillet 2026, la Cadhp exprime sa profonde préoccupation concernant les informations faisant état d’exécutions imminentes de migrants éthiopiens au Royaume d’Arabie saoudite.

« La Commission a reçu et pris note de nombreux rapports indiquant que plusieurs ressortissants éthiopiens risquent actuellement d’être exécutés de manière imminente suite à des condamnations pour des infractions liées à la drogue. Des rapports font également état de cas d’exécutions antérieures de migrants éthiopiens. La Commission est par ailleurs préoccupée par les allégations selon lesquelles certaines des personnes concernées n’auraient pas bénéficié d’un accès suffisant à une représentation légale, à des services d’interprétation, à une assistance consulaire et aux autres garanties d’un procès équitable tout au long de la procédure pénale.

La Commission rappelle que le droit à la vie est garanti par l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Charte africaine), qui dispose que tout être humain a droit au respect de sa vie et de son intégrité physique. En outre, les articles 5 et 7 de la Charte africaine garantissent également le droit à la dignité et le droit d’être entendu, y compris le droit à un procès équitable.

La Commission rappelle en outre l’Observation générale n° 3 sur l’article 4 de la Charte africaine, qui affirme que le droit à la vie est le droit suprême et que, lorsque la peine de mort n’a pas été abolie, elle ne peut être infligée que pour les crimes les plus graves et uniquement à l’issue de procédures strictement conformes aux normes internationales d’équité et de procédure régulière.

La Commission rappelle également les principes 4, 10, 33 et 34 des Principes directeurs africains relatifs aux droits humains de tous les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile (2023), qui affirment les droits des migrants à la vie, à la protection en situation de vulnérabilité, à l’accès à des voies de recours effectives, à la protection diplomatique et à l’assistance consulaire. Ces principes soulignent que les migrants, quel que soit leur statut migratoire, ont droit à la pleine jouissance de leurs droits humains et libertés fondamentales.

Tout en prenant note des efforts déployés par le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (Communiqué de presse du gouvernement éthiopien du 13 juillet 2026) pour dialoguer avec le gouvernement du Royaume d’Arabie saoudite sur les questions touchant les ressortissants éthiopiens au Royaume, notamment les personnes faisant l’objet de poursuites judiciaires, et considérant ces graves préoccupations, la Commission appelle le gouvernement de la République fédérale démocratique d’Éthiopie à poursuivre ses efforts :

1. Prendre toutes les mesures diplomatiques et consulaires nécessaires pour garantir la sécurité des ressortissants éthiopiens qui, selon certaines informations, seraient menacés d’exécution imminente au Royaume d’Arabie saoudite ;

2. Garantir à tous les ressortissants éthiopiens concernés une protection consulaire effective, une représentation légale, des services d’interprétation si nécessaire, et une communication régulière avec leurs familles, conformément au Principe 34 des Principes directeurs africains relatifs aux droits de l’homme de tous les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile ;

3. Épuiser tous les recours diplomatiques et juridiques disponibles pour obtenir la révision des condamnations et des peines de mort prononcées contre les ressortissants éthiopiens, afin de garantir le plein respect des normes internationales relatives au droit à la vie, au droit à une procédure régulière et à un procès équitable.

4. Renforcer les mesures de protection des migrants éthiopiens à l’étranger par le biais de programmes de sensibilisation avant départ, de mécanismes d’assistance juridique, d’une coopération bilatérale et de services consulaires efficaces pour les ressortissants éthiopiens en situation de vulnérabilité ;

5. Renforcer la coopération bilatérale et les cadres de protection des migrants afin de garantir la sécurité, la dignité et les droits humains des travailleurs migrants éthiopiens tout au long du cycle migratoire ; et

6. Collaborer avec les autorités compétentes du Royaume d’Arabie saoudite, les instances régionales et les partenaires internationaux concernés afin d’assurer la protection des droits et de la vie des ressortissants éthiopiens.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples réaffirme son engagement à promouvoir et à protéger les droits humains, notamment les droits des migrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile et des personnes déplacées internes en Afrique, et à faire progresser la protection du droit à la vie, à la dignité humaine et à un procès équitable pour tous.

Banjul, le 22 juillet 2026

L’honorable commissaire Idrissa Sow, président du Groupe de travail sur la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et les disparitions forcées en Afrique

Honorable Commissaire Mudford Zachariah Mwandenga, rapporteur national sur la situation des droits de l’homme en République fédérale démocratique d’Éthiopie

Honorable Commissaire Selma Sassi-Safer, rapporteuse spéciale sur les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les migrants en Afrique ».

Source: ACHPR

Source image : Human Rights Watch ( Légende image : ” Des migrants éthiopiens marchaient le long d’une autoroute à la périphérie de Sanaa, au Yémen, le 23 août 2023, en direction de la province de Saada dans le nord, dans l’espoir d’y traverser la frontière et d’entrer en Arabie saoudite. De nombreux migrants éthiopiens fuyant la violence dans leur pays cherchent à obtenir l’asile dans les États du golfe Persique. © 2023 Mohammed Hamoud/Getty Images “

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