dimanche, juillet 26

Conflits armés en Afrique centrale: pour la Cdhc, l’éducation doit être le levier de prévention, de protection et de réintégration des enfants exposés au recrutement par les groupes armés

0
7

Le sujet a été au cœur d’une Conférence régionale tenue le 8 juillet 2026 dans la capitale politique du Cameroun. À l’invitation du ministre des Relations extérieures (MINREX), le Professeur James MOUANGUE KOBILA, Président de la Commission des Droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et Président du Réseau des Institutions nationales africaines des Droits de l’homme (RINADH), y a pris part.

Présidée par le ministre des Enseignements secondaires, le Professeur Nalova LYONGA, cette rencontre de haut niveau a réuni à l’hôtel La Falaise de Yaoundé des représentants des gouvernements d’Afrique centrale, des agences du Système des Nations Unies, des organisations internationales et régionales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile engagées dans la protection des enfants affectés par les conflits armés.

Le thème de la conférence était : ” L’éducation comme levier de prévention, de protection et de réintégration des enfants exposés au recrutement par les groupes armés “. Les travaux ont été marqués par les interventions du ministre des Enseignements secondaires, du représentant résident du Système des Nations Unies au Cameroun, le Dr Issa SANOGO et du coordonnateur national du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR), Francis FAI YENGO.

Dans une convergence de vues, les intervenants ont souligné que l’éducation constitue un levier essentiel de prévention des conflits, de protection des enfants contre le recrutement par les groupes armés et de réintégration durable des enfants affectés par les violences. Ils ont appelé au renforcement des politiques publiques, de la coopération régionale et de la mobilisation de tous les acteurs afin de garantir aux enfants un accès effectif à une éducation sûre, inclusive et de qualité, y compris dans les contextes de crise.

Réaction

Invité à intervenir au cours du panel, le Professeur James MOUANGUE KOBILA a rappelé que « la CDHC n’est pas restée en marge de ce combat ». Sur l’engagement de la CDHC en faveur de la protection de l’éducation contre les attaques, il a expliqué que « c’est à la suite d’un atelier organisé à Dakar au Sénégal, le 6 septembre 2021, par Save the Childre à l’intention des Institutions nationales des Droits de l’homme que la Commission a décidé d’intégrer la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques parmi les journées dédiées aux Droits de l’homme qu’elle commémore chaque année ».

Le Président de la CDHC a précisé que, depuis le 9 septembre 2021, la Commission publie chaque année une déclaration solennelle dressant le point de la situation nationale et formulant des recommandations à l’intention des pouvoirs publics et des autres parties prenantes afin de mieux protéger le droit à l’éducation.

Illustrant cette action, il a cité quatre recommandations formulées par la Commission, invitant notamment les autorités compétentes à « prendre des mesures immédiates pour protéger les écoles et autres établissements d’enseignement, conformément à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles », à « redoubler d’efforts pour garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants, y compris ceux confrontés à l’insécurité », à « prendre des mesures efficaces pour garantir la sécurité des élèves et du personnel éducatif sur l’ensemble du territoire » ainsi qu’à « garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants, notamment dans les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».

Ces rappels, salués par de chaleureux applaudissements de l’assistance, ont permis de mettre en lumière l’engagement constant de la CDHC en faveur de la protection du droit à l’éducation dans les contextes de conflits armés et de partager l’expérience développée par l’Institution avec les participants venus de plusieurs pays d’Afrique centrale.

Lire aussiAfrique centrale: la Copac dit non aux armes et aux violences

Au-delà des échanges tenus au cours de cette conférence, les défis demeurent préoccupants. Le Plan d’action national Jeunesse, Paix et Sécurité 2025-2030 relève que les conflits armés, l’insécurité, la pauvreté ainsi que l’insuffisance des infrastructures scolaires continuent de compromettre l’accès à une éducation de qualité pour de nombreux enfants.

S’appuyant sur des données de l’UNICEF, ce document indique que plus de 1,5 million d’enfants en âge scolaire ont besoin d’une assistance éducative dans les Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Extrême-Nord, ainsi que dans certaines localités des Régions de l’Ouest et du Littoral affectées par les crises. Cette situation accroît les risques de déscolarisation, de marginalisation et de recrutement des enfants par les groupes armés, tout en compromettant leurs perspectives d’avenir.

Source: Cdhc

Leave a reply