vendredi, octobre 30

8ème Édition du Salon Villes et Toits du Cameroun : la bonne gestion des déchets ménagers au cœur de trois jours d’intenses activités du SVTC

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Du 27 au 29 octobre 2026, Douala accueille la 8e édition du Salon Villes et Toits du Cameroun (SVTC), sous le thème : « Notre quartier, notre responsabilité : assainir les déchets ménagers solides pour garantir un logement décent ».

Organisée dans le cadre de l’Octobre Urbain, cette édition met en avant le rôle central des populations dans la réinvention de la gestion des déchets ménagers solides au cœur de leurs quartiers. Portée par le Projet d’Appui à l’Amélioration des Quartiers Populaires (AQP), cette dynamique communautaire démontre sur le terrain que le changement local est possible, même si les défis demeurent importants.

Présidée par l’Archevêque Métropolitain de Douala, sous le parrainage du Gouverneur de la région du Littoral, cette édition a pour thème : « Notre quartier, notre responsabilité : assainir et valoriser les déchets ménagers pour garantir un logement décent ».

Ce Salon constitue une plateforme d’échanges sur la nécessité d’une gestion responsable des déchets ménagers solides, levier essentiel pour construire des quartiers plus propres, plus sains et plus agréables à vivre. Il permettra également de mieux comprendre la stratégie nationale de gestion des déchets et la manière dont les pouvoirs publics envisagent le rôle et la place des communautés dans l’assainissement durable de notre cadre de vie.

Innovation majeure : le concours des meilleures initiatives locales

La 8ᵉ édition du SVTC couronne la première édition du concours des meilleures initiatives locales. Cette innovation du projet AQP en 2026 implique l’ensemble des 10 quartiers cibles du projet. Pendant deux mois, les habitants, les leaders communautaires, les associations de quartier et les groupes locaux ont été encouragés à se mobiliser et à structurer des initiatives, imaginées et mises en œuvre par eux-mêmes, pour répondre à la problématique de la gestion des déchets.

Les cinq meilleures initiatives, sélectionnées à l’issue de l’évaluation menée par un jury constitué pour la circonstance, seront dévoilées et primées le 29 octobre 2026 à la Salle des fêtes d’Akwa lors de la cérémonie officielle.

Contexte

Chaque 31 octobre, le monde célèbre la Journée Mondiale des Villes, instaurée par la résolution A/RES/68/239 de l’Assemblée générale de l’ONU-Habitat, adoptée le 27 décembre 2013. Cette année, elle se tient sous le thème « Régénérer la ville : un logement convenable pour tous ». Selon les organisateurs de l’évènement rendu à l’acte 8, « ce thème rappelle qu’un logement décent ne se résume pas à quatre murs. Il suppose l’accès à l’eau et à l’assainissement, ainsi qu’un environnement immédiat sain et sécurisé. Régénérer la ville exige donc de transformer en profondeur notre cadre de vie ».

Au niveau local, poursuivent-ils, cette ambition se heurte à une réalité : la prolifération des déchets ménagers solides. « L’urbanisation rapide et la densité de population génèrent une quantité d’ordures qui dépasse les capacités des systèmes de collecte traditionnels. Les conséquences sont visibles : drains bouchés par les plastiques, décharges sauvages, sols pollués. Tout cela affecte directement la salubrité des habitations ».

C’est dans ce contexte que le CODAS Caritas Douala (Comité Diocésain des Activités Sociales et Caritas de l’Archidiocèse de Douala) organise cette 8e édition. Elle s’inscrit dans la troisième phase de son projet de promotion et de protection du droit au logement décent par l’appui à l’amélioration des quartiers populaires de Douala (projet AQP), qui met l’accent sur la gestion des déchets ménagers solides. La santé et la décence d’un logement dépendent de la propreté du quartier qui l’entoure. L’insalubrité annule les efforts d’amélioration de l’habitat : elle expose les populations aux inondations et aux maladies hydriques ou vectorielles comme le choléra et le paludisme. La gestion participative des déchets s’impose ainsi comme le premier levier pour régénérer « nos espaces urbains ».

Ce salon veut mobiliser les acteurs urbains pour : mettre en lumière les actions de gestion des déchets déjà menées dans les quartiers populaires et les récompenser ; Documenter les bonnes pratiques identifiées, afin de les diffuser et de les répliquer ici et ailleurs. L’objectif général étant d’inciter les ménages, les organisations de la société civile, les comités de quartier ou de village, les chercheurs, les acteurs sociaux et les acteurs publics à devenir les moteurs de la transformation de leur propre environnement.

La cible

Le SVTC est une tribune d’échanges où se retrouvent tous ceux qui réfléchissent au développement des villes : les administrations centrales et locales, notamment le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain et celui de la Décentralisation et du Développement Local ; Les collectivités territoriales décentralisées ; La société civile, les autorités traditionnelles et les leaders des quartiers populaires ; Les médias, les chercheurs et universitaires ; Les éco-collecteurs et les recycleurs ; Les entreprises publiques, parapubliques et privées engagées pour l’amélioration du cadre de vie ; Les organismes internationaux : ONU-Habitat, GIZ, AFD, Union européenne, Expertise France et FAO.

Au menu de trois jours

Le programme de cette 8ème qui s’étend sur trois jours a commencé dans les quartiers cibles de Projet par une caravane. Ici, il s’est agit d’une « caravane de proximité. De Bonamoutongo à Ngodi, passant par Maképè Maturité, nous avons arpenté les rues de ces quartiers populaires pour voir de nos yeux l’impact des activités du CODAS sur le terrain. Bien qu’il y ait encore des choses à faire, voir cet engouement des leaders mais aussi ce qu’ils sont capables de faire avec peu de moyens est motivant. Merci à toutes les organisations et leaders alors présents », se réjouit tous les acteurs à l’ouvrage du plein succès de l’Acte 8 du SVTC.

Ce déploiement dans les quartiers cibles du projet AQP précède le débriefing à la salle des Fêtes d’Akwa, la cérémonie officielle d’ouverture du Salon à l’esplanade de la salle des fêtes d’Akwa, la session spéciale des Mairies et celle des acteurs.

Réactions

Le président du Comité technique d’organisation Léon Yanda par ailleurs coordinateur du Codas Caritas Douala (Comité Diocésain des Activités Sociales et Caritas de l’Archidiocèse de Douala) : « en ma qualité de coordinateur du Codas Caritas et du président du Comité technique d’organisation, je suis ravi de voir réunis dans cette salle les forces vives qui font et transforment notre cité au quotidien. Le Salon qui nous rassemble ce 29 octobre, s’ouvre sous un thème qui nous interpelle tous au plus haut point. « Notre quartier, notre responsabilité : assainir les déchets ménagers solides pour garantir un logement décent ». Bien que cette dynamique s’inscrive en écho à la célébration de la Journée mondiale des Villes tous les 31 octobre de l’année. C’est bel et bien notre Salon Villes et Toits qui bat son plein dès aujourd’hui pour amorcer les réflexions et proposer les solutions concrètes. Cet événement est la vitrine d’un travail de fond mené au quotidien. La présence des maires des cinq communes urbaines, des services déconcentrés de l’État et de la société civile montre que la gestion des déchets et l’accès à un logement décent est une responsabilité partagée ».

Aboubakary Haman Tchiouto, Administrateur civil, Secrétaire Général des services du gouverneur de la région du Littoral représentant ce dernier : « permettez-moi de saluer la constance de l’engagement citoyen du Codas Caritas Douala qui, à travers le projet Amélioration des Quartiers populaires (AQP) et avec le soutien renouvelé de ses partenaires, fait de cette tribune annuelle un rendez-vous incontournable du dialogue urbain, de la co-construction et de la promotion de la dignité humaine au cœur de nos territoires. Le thème retenu pour cette 8ème édition sonne comme un rappel patriotique, un devoir d’action. Le temps est venu d’opérer un véritable changement de paradigme.

La gestion des ordures ne doit plus être perçue comme la seule responsabilité de la puissance publique ou des sociétés de ramassage. Elle interpelle chaque citoyen, chaque ménage, chaque comité de quartier. Le déchet ne doit plus être vu comme une matière encombrante à dissimuler ou à jeter dans le caniveau voisin. Il est une ressource économique. Au nom des pouvoirs publics, nous saluons et encourageons vivement les initiatives portées par la société civile et les communautés de base. Nous tenons à féliciter les dix groupes d’éco-citoyens déjà opérationnels dans nos quartiers populaires pour leur courage et leur civisme. Nous exhortons les collectivités territoriales décentralisées, la Communauté urbaine de Douala, les mairies d’arrondissement à poursuivre, renforcer leurs synergies avec les acteurs de terrain. Il s’agit d’intégrer pleinement ces solutions de pré-collecte, de tri et de valorisation locale dans les schémas directeurs d’aménagement de notre capitale économique. Aux populations de la ville de Douala, nous lançons un appel vibrant à la responsabilité citoyenne ».

Zanga Zambo Michel, Chef service régional de l’habitat et de l’architecture, représentant du délégué régional du Minhdu pour le Littoral : « 2700 tonnes de déchets ménagers produits chaque jour à Douala dont près d’un tiers ne serait pas collecté d’après Camer.be AllAfrica janvier 2026. Cinq leviers concrets : éduquer ai tri à la source, travailler avec les collecteurs, valoriser au plus près, mesurer et rendre compte, créer des compétences locales. »

Linda Mbiapa Mbenda

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