vendredi, octobre 30

8ème Édition du Salon Villes et Toits du Cameroun : Lire l’intégralité de la réaction de Mgr Bernard Hona Tonye, Vicaire Général de l’Archidiocèse de Douala représentant de Mgr Samuel Kleda 

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« Je vous salue et vous remercie de votre présence ! C’est profondément un grand honneur pour moi de prendre la parole devant vous à l’occasion de ce forum urbain devenu maintenant coutumier, forum qui marque un moment d’arrêt pour nous plonger dans la réflexion sur notre cadre de vie immédiat. Au nom de l’Archevêque Métropolitain de Douala je tiens à vous marquer toute mon attention et à vous témoigner tous mes égards.

Dans un fameux écrit que nous retrouvons dans la lettre de Saint Paul adressée aux Romains de son époque, une attente particulièrement vive et porteuse, et traversant de fait tous les âges, est décrite de manière très nette : celle de la Création tout entière qui gémit et attend d’être libérée de la servitude, de la dégradation (Romains 1,20). Ce passage sonne comme en écho au thème choisi cette année par l’ONU-Habitat pour célébrer la Journée Mondiale des Villes, thème qui souligne la nécessité pour la ville à être régénérée. C’est-à-dire qu’il est question non seulement de satisfaire au besoin impérieux à fournir aux personnes un logement décent mais aussi et davantage de procéder à la recherche d’un nouvel modèle urbain à même de procurer un cadre de vie agréable. Nous assistons ainsi à une prise de conscience du manque qu’il y en a et mesurons les efforts à fournir en vue d’une amélioration.

En effet un constat général que nous pouvons facilement faire dans nos différents lieux d’habitation c’est la poussée de dégradation de notre cadre environnemental, ce qui est source de grandes nuisances, y compris pour notre propre santé. Selon l’OMS plusieurs maladies qui nous affectent aujourd’hui dans le contexte urbain en Afrique subsaharienne ont leur source dans le facteur environnemental : rejet anarchique et accumulation d’ordures ménagers sur les voies publiques, pollution par les déchets et les eaux usées, toutes choses qui favorisent la prolifération des vecteurs d’agents responsables de certaines maladies, épidémies et endémies. Il faut aussi noter que l’insalubrité peut parfois porter atteinte à l’image de marque de nos villes. C’est pourquoi nous tous : personnes individuelles, associations, communautés, collectivités nous nous trouvons interpellés aujourd’hui à plus d’un titre par le thème qui anime cette 8ème édition des Villes et Toits du Cameroun et qui met en avant notre responsabilité à faire de nos quartiers des cadres décents et viables.

Pour la tradition biblique, toute la création, y compris le milieu urbain façonné par l’homme contemporain, est une propriété divine ; les humains n’apparaissent que comme des gestionnaires ou locataires avec pour mandat de garder ou de cultiver comme des jardiniers (1-2), ce qui implique notre adhésion pleine et fervente à collaborer à l’œuvre divine et à son dessein.

Dans son Encyclique Laudato si consacré à la problématique environnementale dans les sociétés actuelles, le pape François attire notre attention sur un principe fondamental à savoir le fait de l’Ecologie intégrale. Selon lui tout est lié : on ne saurait détacher la crise environnementale de la crise économique, sociale ou humaine ; ainsi on ne pourrait pas soigner l’environnement sans soigner les relations humaines, en particulier sans prendre en compte la justice envers les plus pauvres.

C’est pourquoi à l’échelle des villes comme Douala nous avons besoin de creuser pour connaitre les causes profondes de la crise de salubrité ambiante qui touche nos quartiers afin de mieux de nous préparer à relever le défi : si la logique sociale peut parfois jouer en faveur de certaines catégories au détriment d’autres dans le desservissement, les logiques individuelles de leur côté du fait d’insouciance, d’ignorance, d’incivisme, d’irresponsabilité sont à l’origine de la situation d’insalubrité dans laquelle nous baignons très souvent. Dès lors nous sommes tous invités individuellement et collectivement à changer de cap.

Sur ce chemin de cette prise de conscience, nous pouvons noter que beaucoup de choses sont déjà faites aujourd’hui pour remonter la pente : mettre le sujet sur le tapis comme nous le faisons en ce moment pendant ce forum c’est déjà poser un jalon important. Louons les actions entreprises par la Municipalité et nos communes respectives pour débarrasser nos quartiers et ménages d’ordures et de bien d’ autres choses, même dans les coins les plus reculés du fait de l’étalement urbain ; pensons également aux associations et organisations de la ville de Douala, qui pour certaines se mobilisent pour la collecte d’ordures ménagers et de leur traitement, et pour d’autres s’impliquent pour satisfaire à un besoin communautaire ; ou encore pour mener des actions ciblées à l’égard de certaines catégories sociales vulnérables. Pour que celles-ci aient aussi une vie digne en ville ou qu’elles deviennent les acteurs de changement de leurs milieux.

Cependant le chantier du défi environnemental demeure immense : il s’agit pour nous aujourd’hui d’aller plus loin dans la recherche de solutions en imaginant des schémas, qui passent de pratiques relevant de l’ordre d’urgence ou de contingence à des modèles intégrés, systémiques et durables. Une des voies mieux adaptées, par exemple, aujourd’hui consiste à transformer le défi environnemental auquel nous faisons face en opportunités d’emplois verts à travers le recyclage et le compostage des matières organiques. Il nous est ainsi demandé de fournir davantage d’efforts à titre individuel ou collectif pour rendre notre cadre de vie plus agréable. A cet effet l’organisation à la base, la mobilisation et l’implication de tous comptent sur toutes les formes.

GWETH YANN Gaby, un des acteurs actifs du Codas Caritas Douala

Car le gros défi qui nous est lancé en ce qui concerne notre ville de Douala c’est de pouvoir mettre en place les conditions d’émergence d’une ville inclusive, résiliente et durable. Notre mission est de permettre à la ville de réaliser pleinement son potentiel et sa vocation historique de ville accueillante. Mais surtout lui offrir toutes les chances pour qu’elle atteigne son statut de ville resplendissante, rayonnante et belle. Et, ainsi, comme pour appliquer une fois de plus les propos de St Paul que son rayonnement soit un moyen par lequel l’invisible se laisse contempler à travers ses œuvres.

JE SOUHAITE A TOUS UNE PARTICIPATION ACTIVE ET UNE REFLEXION STIMULANTE

VIVE LE SALON VILLE ET TOIT DU CAMEROUN

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VIVE DOUALA

VIVE LE CAMEROUN »

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